‹ Histoire du directoireChapitre 116 sur 241 · LIVRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATORZIÈME

raient un peu de pudeur. Ils volent d'une manière si ridicule et si impudente^ que, si j'avais un mois de temps, il n'y en a pas un qui ne put être fusillé. Je ne cesse d'en faire arrêter et d'en faire mettre au conseil de guerre, mais on acitète les juges r c'est ici une foire ^ tout se vend. Un employé, accusé d'avoir mis une contribution de diohhuit mille francs sur Salo , n'a été condamné qu'à deux mois de fers. Et puis, comment voulez-vous prouver, ils s'étayent tous '. »

Le Moniteur est plein de détails aussi scandaleux sur la connivence des administrations républicaines avec les fournisseurs infidèles. Les députés étaient fort souvent munilionnaires eux-mêmes ; et Levasseur signalait, dès le commencement de l'année 1793, les fortunes soudaines et inexplicables que plusieurs d'entre eux avaient faites *. Tantôt, c'étaient des capotes doublées en toile d'emballage qu'on étalait sur la tribune; tantôt, c'étaient des souliers d'enfant que les comités populaires avaient acceptés et qu'on avait envoyés aux armées*. Ce fut bien pis encore, lorsque les comités du gouvernement furent autorisés, le 8 juillet 1795, à traiter directement, de gré à gré et sans contrôle, avec les munitionnaires ^.

• Dépèche de Bonaparte au Direcloire exéculi", datée de Milan, le 24 vendémiaire an V, — 42 octobre 4796 — .

2 Moniteur du 21 novenibre 4793, discours de Levasseur.

3 Moniteur du 44 janvier 4794, discours de Charlier.

* Moniteur du 4 1 juillet 4795.

nL HISTOIAE D'U DIEECTOEIIE.

Tomtefob, ïkittoîie diHt èb^ jiurte esters tous, mâme envers 1m iiirûisseiirs , et si» deyoôr est de constater la «Aiiatkm migidière <pd lev était £sûte. Ils élaieftt obbgfés^de mettre de côté an préalaUe, et ea beaux louis d'w, la part des intermédiaires que radministratioa tolérait toujours et imposait qt^Iquefois; et puis* il liwr arrivait aoaf^it d'^re réglés ^i opdonnaaces à terme, dont ils toochaiest taalôt peo cte chose, taotôt rm& da toafe.

G était dans les salons, c'était dans les bals, dans les fêtes, dans les coicerts^ et par les fenuneB les. [dus belles et les plus spirituelles de ce temps, qaeies fournitures de l'armée ou de la marine étaient, la plupart du temps, obtenues* Au milieu d'un oratorio^ ou de ce qu'on appelait autrefois un thiasôy une jeune femme , vêtue à la grecque, avec un maillot de danseuse, les bras nus, les pieds nus et des diamants aux doigts de ses pieds , offrait à un muscadin une fourniture d'avoine ou de sabres de cavalerie. On ne mettait à ces négociations aucun mystère ; le Directoire les connaissait, les autorisait , et plus d'une fois les sucerait. C'était souvent pour lui un moyen détoiu*né de réparer les ruines que la révolution avait faites. Telle fut la fourniture de vingt mille couvertures, d(mt Joséphine put disposer, de l'aveu de Barras.

Bonaparte, toujours sévère à Tendroit de Targent,

aoMi8SftU deB. tréaors en Italie, maïs il les amassait pour rÉtaty non pour lai. II s'en tenait strictemant aa traiiameitde sâQigmdë et dasou. coQUBaadcmeat, et c'était.bbn dan» sa b^ira» qu!il avait. puiBô^ laraqu'il eavoyait^ de lûiu eo^LoÎA, ûiB({ciaat6:.loiua àsa nière età ses sœu^^ ^ MaiMÎUa ^

los^^bifie^ bonaat ttaliar& de e^tele^ vivait douce:* ceGnenV sansc âiste,. Xùê» sans ordi^v u» svrt. jamait^ avoir assez d'argeui^ mètta quasd aUe ea aut.trc^,, D'ailleoi», qudqtie-fflodaate <pie^ fiât sûn auataoce,, le doiDaiB6^.tr^p6tit^OiS9,d6blAMalaiai9oa, ^ son.hô* tel de la rue Cbantereiue,.aohâté& {^ elle du banquier Lecoulleux de Canteleu»^^ avec urne indemnité de la {»cia dd ses biona^ exigeaient una dépense à la* queUe die ne savait point pourvoir, à Taide des délégations que le général lui. d<»nai{t sur k trésorerie^.

« Pendant l'absence de son mari^ dit Prudhomme, elle était aux expédients^ afin de se procurer l'argent pour soutenir sa maison. Comme j^'avais l'honneur de connaître cette dame depuis 1786,, et qj[i'elle avait une très-grande confiance en moi, elle ne craignit pas de me &ire part de l'état de gêne dans lequel elle se trouvait.

»Sur mes observations^ qu'elle devait écrire au Directoire^ elle me répcNodit ; <t Je suis incapable de faire une démarche pour moi, mais bia;i pour les au-

* L'auteur tient ces détails de Bif. Flacfcat père, alors iminitiminaire général de Tannée d'Italie, et qui fut chargé personnellement de ces envois.

is.

ires. x> Cela était vrai. Cette dame ne savait rien refuser.

» ]* observai au secrétaire de Barras combi^i il était ridicule de laisser dans le besoin la femme d'un général snr leqnel l'on fondait de grandes espérances.

11 me répondit : a Le directeur Barras est entré de la lésinerie dn Directoire; mais il y a nne fourniture de vingt mille couvertures pour l'armée; qu'elle la fasse demander par madame Saint-Ânge. »

)) Je rendis compte de ma démarche à madame Bonaparte , qui me témoigna de la répugnance d'en parler à cette dame, malgré qu'elle la connût particulièrement. Je me chargeai de la mission , qui fut couronnée de succès; ce qui procura à madame Bonaparte 12,000 fr. Cette dame m'écrivit une lettre que j'ai conservée longtemps'. »

Bonaparte, qui avait horreur de ce genre d'administration, recevait quelquefois lui-même des présents d'une valeur considérable; mais il n'en signalait pas moins au gouvernement les vols éhontés de ceux qui les lui adressaient, et il les faisait fusiller sans miséricorde, toutes les fois qu'il en trouvait l'occasion. C'est ainsi qu'il écrivait, de Milan, au Directoire , le

12 octobre 1796 :

« Venons aux agents de Tadministration : Théve-

'Prudhomme, Histoire impartiale des révolutions, t. Xf, p. 38-39.

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