‹ Histoire du directoireChapitre 115 sur 241 · LIVRE QUATORZIÈME. B · texte numérisé non relu

LIVRE QUATORZIÈME. B

dàty il y a q^e^qnes jours, à Milan, 72,000 francs au jeu, sans eu paraître inquiet ni troublé. Les Italiens oommœeent à s^exprimer libr^nent sur cet objet depois la prodamatioii du Directoire. Avant, ils se laiswient dépouiller et n'osiâent se plaindre. »

C'était, du reste, quelque chose d'inouï que cette administration des armées républicaines.

Voici d'abord l'idée que Desmolins donnait à la Convention de celle de l'armée des côtes de l'Océan :

a Ces frelons ne manquent jamais de rien, et toujours au détriment du militaire. Leur nombre , dans cette armée, est si excessif, qu'il y en aurait pour dix armées comme celle-là. A Niort, où il n'y a en garnison qu'une compagnie de canonniers, il existe cependant treize à quatorze cents parties prenantes \ »

L'administration militaire du département du Gers offiait les mêmes brigandages. La gendarmerie y était généralement désorganisée, surtout les brigades de Saint-Clar et de Lectoure. D'abord, les gendarmes, privés de fourrages, en furent réduits à faire pacager leurs chevaux à l'aventure; ensuite, l'herbe venant à manquer, ils les vendirent, ce qui donna au département du Gers la première gendarmerie à pied qu'elle ait possédée ^.

• Moniteur du Sf9 septembre 1796.

^JM.f raf^Ktft de DeemoliBS.

Voici maintenant Tidée que Bonaparte donnait au Directoire de Tadministration de Tannée d'Italie :

« Depuis que je sais à Milan, citoyens directeurs, je m'occupe à faire la guerre aux fripons. J'en ai fait juger et punir plusieurs ; je dois tous en dénoncer d'autres.

» Le citoyen Lachèze, consul à Gênes, est un fripon. Sa conduite à Livourne, en faisant vendre des blés, à Gênes, à vil prix, en est la preuve.

)> Quant aux commissaires des guerres , hormis Denniée, ordonnateur en chef, Boinod, Mazad et deux ou trois autres, le reste n'est que des fripons. II y en a trois en jugement. Ils doivent surveiller, et ils donnent les moyens de voter^ en signant tout. Il faut nous en purger, et nous en renvoyer de probes , s'il y en a. Il faudrait en trouver qui eussent déjà de quoi vivre.

y> Le commissaire ordonnateur Gosselin est un fripon. Il a fait des marchés de bottes à trente-six livres, qui ont été renouvelés depuis à dix-huit livres.

» Enfin, vous dirai-je qu'un commissaire des guerres, Flack, est accusé d'avoir vendu une caisse de quinquina que le roi d'Espagne nous envoyait! D'autres ont vendu des matelas; mais je m'arrête : tant d'horreurs font rougir d'être Français. La ville de Crémone a fourni plus de cinquante mille aunes de toile fine pour les hôpitaux, que ces fripons ont vendue. Ils vendent tout.

» Vous avez calculé sans doute qu£ vos administra* leurs voleraient^ mais qu'ils feraient le service et au-

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