LIVRE DIX-SEPTIÈME. SSI
petit poëte, de ceUe famille mythologique et poudrée
qui pcmrvoyait aux madrigaux de YAlmanach des
Muses.
Frappée de rempressemeut profond avec lequel toutes les classes de la société accueillaieot les ppoductîons de l'esprit, la spéculation privée fit beaucoup plus que le gouvernement pour la renaissance et pour la propagation des lettres. Le gouvernement faisait ce qu'il devait faire : il plaçait les professeurs dans l'enceinte reculée des collèges; la spéculation privée les plaça au milieu du monde , au milieu de la foule, au milieu des plaisirs.
Quoique née avant la révolution , la mode des établissements littéraires privés, connus sous le nom de lycées^ caractérisa spécialement r^K>que du Directoire. Cette mode était une nécessité en un temps où, la tourmente révolutionnaire ayant emporté les études , les esprits curieux et délicats cherchaient avidisment et vainement, de toutes parts, les moyens d'instruction. Depuis longtemps il ne se publiait plus de livres : on était heureux de trouver des vers et des discours.
Il y avait à Paris , en 1 797, vingt-cinq ou vingtsix lycées^.
Il ne faudrait pas croire que ce fussent purement et simplement des établissements littéraires. Ces lycées étaient des dépendances d'établissements très-
^ Le Dix-huit fructidor^ ses causes et ses effets y t. II, p. 40.
complexes, d'établissements qui étaient généralement à la fois un bal, un concert, un café et une académie. On y dansait, on y faisait de la musique, on y consommait des sorbets et des glaces, et l'on y professait la littérature, la morale, les sciences et les arts.
Il serait sans intérêt sérieux et il ne serait pas sans difficulté de retrouver aujourd'hui les noms et de déterminer remplacement de ces vingt-cinq ou vingtsix lycées ; le lecteur se contentera de détails précis sur les cinq ou six principaux qui étaient : le lycée Marbeuf, le lycée du Cercle de l'Harmonie , le lycée des Étrangers, le lycée des Arts, le lycée Républicain et le lycée de l'Elysée.
Le lycée Marbeuf était établi à Ihôtel de ce nom; le lycée du Cercle de l'Harmonie et le lycée des Arts, au Palais-Royal; le lycée de l Elysée, au palais de l'Élysée-Bourbon, rue du faubourg Saint-Honoré. Les journaux que nous avons dépouillés ne désignent pas les lieux où se trouvaient le lycée Républicain et le lycée des Étrangers.
Le lycée du Cercle de l'Harmonie, qui paraît avoir été, à cette époque, le plus brillant ou le mieux administré, annonça son ouverture en ces termes, pour Foctidi 18 floréal an V, dimanche 7 mai 1797 :
L'ouverture du lycée du Cercle de THarmonie aura lieu le 18 floréal ,à six heures du soir. La séance sera suivie d'un concert.