LIVRE DIX-SEPTIÈME
Lebrun, Monge, Dupais, David, Van-Spaendonck , Pajou, Houdon, Gondouin, de Wailly, Méhul et Mole, le comédien \
Ainsi, Tabbé Sicard , Garât , Bitaubé , Chénier et Lebrun, voilà avec Volney, Bernardin de Saint- Pierre et Daunou, qui faisaient partie de la classe des sciences morales et politiques, tous les académiciens littéraires du Directoire.
L'école Normale, organisée par la Convention, a laissé de grands souvenirs parmi les comtemporains, moins à cause de son lustre propre, qu'à cause de l'enthousiasme avec lequel étaient accueillies les productions de l'esprit, à cette époque de renaissance. Le règne de l'école Normale ne fut d'ailleurs que de cinq mois; ouverte au mois da décembre 1794, elle fut dissoute au mois d'avril 1795.
Le décret du 9 novembre, qui nomma ses professeurs, put choisir des noms restés célèbres dans les sciences, Lagrange, Charles Bonnet, BerthoUet, Daubenton, Haûy, Monge, Thouin, Halle; mais il fut obligé de tourner, pour les lettres, dans le cercle fort étroit des notabilités de ce temps , et il choisit : Garai, pour l'idéologie; Bernardin de Saint-Pierre, pour la morale; Volney, pour l'histoire, et Fabbé Sicard, pour la grammaire *. Un décret du 8 janvier
* Dé:ade philosophique et litléiaire, t. VII. p. Ml.
* Moniteur du 11 novembre 1794.
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1795 attacha La Harpe à l'école, comme professemdelittératare.
Enfin, les deux écoles centrales, ouvertes au mois de mai 4796 , au collège des Quatre-NMions el au Panthéon , eurent pour professeurs de belles-lettres : la première, de Fontanes; la seconde, Sélis*
Voilà quelle fut la part du gouvernement dans la restauration des lettres, dispersées pendant près de quatre années par la Terreur.
En elle-même, cette part était peu de chose. La Convention et le Directoire avaient choisi des litres, non des professeurs. Garât n'avait qu'un fort petit bagage d'idées sur Condillac; Barnardin de Ssint- Pierre savait et pensait, en fait de morale, ce que pouvait savoir et priser un ad^le du culte théophilanthropique ; le temps avait manqué à Volney pour étudier l'histoire, qu'on le chargeait d'ensâgner; l'abbé Sicard, ancien écolàtre dans la classe de l'abbé de rÉpée, pouvait démontrer les règles de la grammaire à des enfants , mais non en expliquer Tesprit à des homm^. La Harpe seul avait acquis, dans son cours célèbre du lycée, commencé en 1786, une science et une méthode qui le meUaient en situation de remplir les vues du gouvernement. Les écoles ceatrales n'étaient pas mieux partagées. De Fontanes, lettré disert et froid, n'avait nul fonds de science critique; et quant à Sélis, mort en 1802, c'était un