LIVRE DIX-SBPTIÈMB
Le plas grand silence, dit Tan des membres de rauditoire, régna dans rassemblée après celte bon* teDse lecture; mais ce qu'il ajoute donne à penser que le scandale était occasionné, non par la bassesse des sentiments, mais par la platitude des vers.
Après une telle lecture faite, en personne et face à face, à des gens bien élevés, on ne saurait plus s'étonner de rien; et ce n^est plus qu'à titre de docu* ment sur Fesprit de ce temps que nous transcrivons l'extrait suivant de la Décade philosophique et litté^ rairôj le recueil le plus élevé et le plus estimé de la fin du dernier siècle.
« La secte catholique a célébré ces jours derniers les fêtes dites de Pâques. Quelques membres de cette secte, qui n'oublie rien de ce qui peut lui faire des prosélytes, ont exalté le concours des fidèles dans les églises de Paris, leur zèle, l'onction des saints prédicateurs; mais les bons temps sont passés. Plus de processions , plus de cloches, plus de vases d'or et d'argent, plus de bénéfices. Il faut avaler la Divinité suprême modestement et sans bruit devant quelques dévotes. C'est bien douloureux! Il faut que le culte dominateur, le culte qui doit devenir universel, déroge jusqu'au point de fraterniser avec le culte de Moïse et de Mahomet. Quelle honte! Attendons que quelque miracle fasse cesser enfin cet état de tribulation et de honte \ x>
Le miracle demandé par la Décade se fit plus tôt
< Décade philosophique et liliéraire, 46 avril 4796, t. IX, p. 425.
IM HISTOIRB DU DIIBCTOIRB.
qu'dle M pensait. Ce miracle^ œ fat la venM dt Bonaparte parmi les eneyclopédiites ^ la venue d*un homme de génie parmi de tristes pédants.