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Enfin , ce qne la littérature du Directoire offrait de risqué dans les mœurs, de hasardé dans la galant^e, d'ÀKHique et quelquefois d'obscène dans les fadeurs, avait son fondement et son type dans les mceurs mêmes; et c'est de ce temps qu'il est vrai, plus qae d'aucun autre, de dire que la littérature était Vex« pression de la société.

La société du Directoire, la sodété él^ante 0t polie constituait une sorte de pastorale graveleuse, qu'il n'est pas sans intérêt d'étudier.

C'était l'époque où les amants et les amantes écor* çairat les arbres , en y gravant les hiéroglyphes da leur passion. Toutes les idées sur les rapports de la fomille étaient bouleversées. Les maris se disaient en vers les amants de leurs femmes, et les pères étaient les amis de leurs enfants. Il se faisait publiquement un étalage incroyable de twdresse théâtrale; et les plus délicats et intimas détails du ménage défrayaient, en quaU*ains, les journaux et les almanachs. On portait sa femme en camaïeu sur sa chemise; on portait son mari en broderie sur son ridicule; et toutes ces démonstrations poétiques se faisaient avec fracas, sans préjudice du divorce, de la séparation amiable ou de l'enlèvement, toutes choses dont personne ne s'occupait plus, tant elles étaient communes.

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ToQB les témoignages contemporains sont unanimes sur la beauté des femmes du monde pendant la pé^ riode du Directoire. Indépendamment de ce que la nature sraiMe, k de certaines époques^ faire un énergique effort et produire avec une sorte de complai-* MDce la grande beauté et le grand esprit» il ne serait pas déraisonnable d'attribuer le nombre prodigieux de bdles franmes qui remplirent les salons de Paris^ de 1795 à 1804, à l'envahiss^nent du grand monde par toutes les personnes naturellement élégantes et distinguées, qu'aucune convention, qu'aucun déco« mm, qu'aucun préjugé n^xduait.

Les grandes batailles du moyen âge, qui étaient livrées exclusivement par la chevalerie, faisaient une effroyable consommation de gentilshommes. AGrécy, il en resta six mille sur le carreau, dont un bon tiers fiu moins étaient chefe de ftimille. Cette extinction graduelle de la noblesse par les guerres rendit les nnoMissements nécessaires, afin de remplir par la fleur des mturiers les vides qui se faisaient dans les rangs dtt patridat. La Terreur avait été pour la noblesse française du dix-huitième siècle Féquivalent des ba* tailles de Crécy, d'Azinoourt et de Poitiers, avec cette aggravation considérable , que les Anglais n'avaient tué que des hommes, tandis que là Terreur avait tué les hommes, les femmes et les enfants.

XXXI, Il y avait donc^ en 1795, à reconstituer, sinon une noblesse, au moins une aristocratie; et c'est pour

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cela que les saloôs s'ouvraient à deux battants, et un peu sans contrôle, à tout ce qui était jeune, riche, gracieux, illustre, à tout ce qui était rayonnant ou retentissant, à tout ce qui portait Tun de ces signes divins, la beauté, F intelligence ou la gloire.

Il fallait que. les femmes du Directoire fussent en effet bien belles, car elles résistèrent aux plus odieux accoutrements que l'imagination malade d'un peuplé abêti ait jamais inventés.

Le peintre David s'était arrogé, en 1792, le droit de réformer les costumes ; et on lui avait abandonné à cette époque les habits et les chapeaux, comme on abandonna plus tard le bon Dieu à Chaumette et à la Révelllère. David inventa donc un costume français de sa façon, qui se retrouve dans le portefeuille de tous les collectionneurs d'estampes; mais personne ne le porta, excepté Talma , que le peuple arrêta an Palais-Royal, le prenant pour un espion d^nisé; et ce costume servit depuis dans le drame de Robert chef de brigands. Mais si David. n'eut pas assez de crédit pour populariser son costume français apocryphe, il en eut assez pour dépopulariser l'ancien et le véritable; et voilà comment la France fut obligée de se faire, en 1795, non-seulement une Constitution, mais encore des vêtements. On ne pouvait plus décem* ment donner ce nom à la Carmagnole.

Le trait fondamental du costume qui suivit le 13 vendémiaire, ce fut la suppression de la poudre et des cheveux longs, et l'intronisation d'une cmffure

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