LIVRE DIX-SEPTIÈME
nouvelle, qui prit, pour des raisons sur lesquelles il règne des préjugés à rectifier, le nom de coiffure à la Titus.
Les Jacobins avaient porté, jusqu'à la fin de 1 793, une perruque à cheveux longs, noirs, plats et graisseux. Les aristocrates eurent la malice de s'aflFubler de cette perruque; et, sur un arrêté de la section de la Halle-au-Blé, le conseil général abolit ces perruques, dites à la jacobite, le 1*' frimaire an II, — 21 novembre 1793 ^
Talma, qui était fort avant dans les idées démagogiques, jouait Titus dans la tragédie de Brutus, imposée aux théâtres par la Commune de Paris, et il eut à faire faire, par le perruquier Duplan, une perruque qui ne le mît pas en contravention. Ce perruquier inventa une perruque noire, à cheveux courts, que Talma mit par-dessus ses cheveux poudrés pour jouer son personnage. « Il finit, dit Arnault, par la porter à la ville, où, à la longue, elle fut adoptée, d'abord par quelques amis dé l'antiquité, artistes ou gens de lettres, et puis insensiblement par les jeunes gens de tous les partis*. »
Voilà l'origine de la coiffure dite à la TituSy qui est fort étrangère, comme on voit, au fils de Vespasien, si célèbre par sa clémence. Les femmes coupèrent leurs cheveux, et adoptèrent également cette coiffure après le 4 3 vendémiaire; mais plusieurs d'entre elles
* Moniteur du 24 et du tô novembre 4793. ^Arnault, Souv^rs d'un sexagénaire, t II, p. 214.
prirent, peu de temps api^ oiiô perruque btoode à cheveux flottants^ qu'on appela cache-foliej et qui fat l'un des éléments du costume du Directoire.
Cest assez mal parler que de dire le costume du Directoire : il fondrait dire les cestianes. 11 y en eut au moifis quatre-vingts, et presque tous se p(a-t»eBt à la fois. C'était une dé{dorable bigarrure, dans laquelle chaque couturière et chaque marchande de modes s'étudiait et réussissait à ajouter un ridicule aux ridicules imaginés par ses rivales.
Le caractère général deces costumes féminins, c'était l'absence habituelle de la soie, remplacée par les mousselines et par les Huons. Voici une série de ces costumes,, d'après des gravures exactes et authentiques. Le lecteur comprendra et daignera pardcHmer Tmexpârience de l'historien ea cetle matière, et rectifier ce qu'il pourrait y avoir de défectueux dans remploi des tennes d'une langue par lui n^diocrement pratiquée.
I- Rohe ondée , rose et blanc, du haut en bas, à queue, garnie par le bas d'effilés noirs ; corsage de six doigts, sans fichu ; manches courtes en gaze noire ; gants longs dépassant le ooude, couleur noisette ; souliers en maroquin jaune; bas blancs i coins verts; coiffure à l'étrusque, à bandelettes cerise \
U. Robe en soie blanche, fichu cramoisi , à effilés; boa gris; souliers en maroquin jaune, avec des cothurnes; coiffe
^ Modes et manières du jour à la fin du Hx-hmiièmê siècle, n«> 31.