LIVRE DIX-NEUVIÈME
MADAME FAGOTIN
Gonvenez que les jeunes gens Autrefois étaient plus aimables, Plus gais et surtout plus galans , O mœurs! ô siècles déplorables!
M. BARBICHON
Jadis on trouvait des amis , Le beau sexe était abordable ; Mais les cœurs se sont refroidis; D'honneur, c'est inimaginable.
MADAME FAGOTIN
Plus de rang , plus de qualité ; On vous préfère une grisette A la véritable beauté :
Oh ! l'extravagance est complète !
M. BARBICHON
Très-vrai , Madame Fagotin !
Vous parlez comme une peinture ; Un petit fat , un aigrefin Supplante la magistrature '.
MADAME FAGOTIN
Oui , le monde tire à sa fin , Vous le verrez , je vous le jure ; Je perds mon nom de Fagotin , Monsieur Barticfwn , si ça dure \
Mais le genre anacréontique était la faiblesse de Carnot, ainsi que celle de Robespierre : il y revenait,
^ Des juges élus par le* suffrage universel remplaçaient alors les parlements et les bailliages.
• Almanach des Muses de 4791 , p. 37.
il9 HISTOIRE DU DIRECTOIRE,
comme malgré lui^ au milieu des plus sombres préoc* cupations de sa carrière; et les défaites ou les victoires des armées ne l'emportèrent jamais, dans sou âme f sur les Pbilis et les AmaraDtes avec lesquelles sa muse conversait.
Il était déjà membre de l'Assemblée législative, qu'il publiait dans son recueil favori .la pièce suivante, adressée à Cupidon :
LE TILS DE VÉKVS.
Qui définira cei en£uit.
Aussi vieux que le iBAnde, Marmot doAt renpire comprend
Les deux , la terre et Tonde ; Qui, les yeux couverts d'un bandeau, Lit dans nos cœurs , tient le flambeau
Qui consume et féconde?
C'est Jui que célébrait Sapho ,
Qu'on adorait à Gnide, .
Qui desséchait la nymphe Écho ,
Brûlait la Néréide Désarmait le dieu de Fenfer, En taureau changeait Jupiter,
Faisait filer Âlcide ;
Qui rend si fier, qui rend si doux.
Si tendre, si coquette.
Si confiant et si jaloux ,
Si Tfve et si discrète; Qui cède tout pour tout gagner, Qui se soumet pour mieux régner.
Qu'on fuit et qu'on regrette ;