LIVRE DIX-NEUVIÈME
pondance avec tous les départements et les sociétés populaires (affiliées aux Jacobins).
» Il était entré dans le plan d'insurrection que nous AVIONS DIRIGÉ de laissev désorganiser tous les. départements; et alors les sociétés populaires auraient pu , en un moment, remplacer les administrations départementaires*. »
Cambon disait, à la tribune de la Convention, le 1 0 novembre 1 792 :
» La révolution du i 0 août s'est faite, non par ceux qui disent Tavoir faite, mais par le Corps législatif... Cette assemblée, révolutionnaire dbs ses premiers instants^ prit les moyens de préparer indirectement une insurrection qu'elle regardait comme nécessaire, mais qu'elle ne pouvait opérer directement. En conséquence, elle désorganisa elle-même la force armée de Paris, elle cassa Tétat-major; elle renvoya les troupes qui se trouvaient ici ; elle ferma les yeux sur Timpuissauce des autorités constituées; elle arma tous les citoyens de piques ; elle leur ouvrit les portes des Tuileries j où le tyran s'était enfermé. Elle avait voulu faire venir vingt mille hommes à Paris... Le despotisme avait vu avec effroi cette réunion... Malheureusement, ces vingt mille hommes n'étaient pas venus... Les volontaires nationaux furent appelés (les soi-disant Marseillais en faisaient partie). Ceux que mon département a fournis avaient fait deux cents lieues en onze
^ Journal des Débais de la société des amis de la Constitution , séance aux Jacobins ^ séance du 9 septembre 4792.
jours... ILS ÉTAIENT ICI POUR LE 1 0 AOUT,.. LA RÉVO- LUTION SE FIT * . »
Voilà les hommes qui firent mourir Louis XVI pour avoir violé la GoDstilution et trahi ses serments I
Il serait inutile d'insister plus longtemps pour montrer que la guerre entrait, dès la fin de 1791, dans les plans de la faction qui dirigeait alors les jacobins, et, par les jacobins, FAssemblée législative. Elle voulait une guerre offensive, une guerre immédiate, non pour se défendre contre T Europe, qu'elle savait et qu'elle avouait ne rien méditer contre la France *, mais pour exalter les esprits contre les rois et pour renverser Louis XVI.
Aussi tous les prétextes furent-ils bons pour la faire déclarer; et malgré la dispersion des émigrés, malgré la patience de TEurope, en présence des provocations quotidiennes et systématiques du club des jacobins, de r Assemblée et de la presse révolutionnaire, nous allons voir Brissot*, Gensonné, Guadet, Vergniaud,
* Voir le Moniteur du 12 novembre M91, et compléter sa version du discours de Cambon par celle du Journal général de France y no 54.
2 Brissot avait dit, dans son discours prononcé au club des jacobins , comme un des moyens de déterminer TAssemblée pour la guerre : « Nous n'avons rien à craindre des grandes puissances de l'Europe ; elles ne méditent rien contre la France. » — Prudhomme, Révolutions de Paris, t. X, p. 527.
3 « La guerre électrisera tous les cœurs. » *— Discours de Brissot aux Jacobins ; Prudhomme , Révolutions de Paris > t. X , p. 5i8.