LIVRE DIX-NEUVIÈME
lance qtii peut donner quelque espoir de succès.,. Il pensa donc que le meilleur moyen de mettre sous les yeuœ du roi ses observations dans toute leur vérité , était de publier un ouvrage... Il le fit imprimer sous ce titre : Des caractères d'une juste liberté et d'un pouvoir légitime...
» Sur la demande du directeur général de la police, Carnot arrêta Timpression, et transcrivit en entier de sa main son ouvrage, avec le soin d'en retrancher, par convenance, quelques passages qxiil crut pouvoir blesser le monarque ' »
Est-ce au moins tout, en fait de distraction et d'onginaliié? Hélas! pas encore.
L'ordre du jour du 17 avril 1814, dans lequel Carnot s'était déclaré délié du serment de fidélité à l'Empereur, parce qu'il avait si longtemps abusé de son pouvoir, n'était plus qu'une parole vaine, depuis que Louis XVIII et les princes l'avaient accueilli avec froideur, et avaient dédaigné ses conseils (rfScieux. Dans la nuit qui suivit la rentrée de Napoléon aux Tuileries , au retour de l'île d'Elbe^ Carnot accepta de l'Empereur le ministère de l'intérieur, avec le titre de comte. Quelques jours après , il accepta encore le titre et les fonctions de pair de France *.
La bataille de Waterloo et les événements de 1 81 5 emportèrent encore une fois Carnot. Au oioment où
^ Mémoires historiques et militaires sur Cornot, rédigés d'après SCS manuscrils, p. 460 et suivantes.
2 Ibid., p. 470-173.
TEmpereur témoigna rintenlion de se livrer à la foi britannique, Carnet combattit vivement son projet, et lui dit : <c Deux frégates vous attendent à Rochefort , embarquez- vous promptement pour les États- Unis de l'Amérique septentrionale, et de là vous ferez encore trembler vos ennemis ' ! »
De telles paroles font penser que Carnot resta cette fois fidèle à Napoléon malheureux ?
Au mois de janvier suivant, Carnot, exilé par les Bourbons, se présentait au grand-duc Constantin, à Varsovie,- et Tempereur de Russie faisait mettre à Tordre du jour de son armée que Carnot en faisait partie, en qualité de lieutenant-général^.
Tout ce que crut devoir faire Carnot , ce fut de ne point acceptée' du service.
Retiré à Magdebourg, Carnot y mourut le 2 août 1825. Il avait repris son train de poëteet d'académicien de Dijon ; et les journaux de Leipsick publièrent une romance intitulée le rêve, où il disait :
Un soir, accablé de tristesse, Je me couchai sous un ormeau.
D'un ^nge alors la douce ivresse Pour moi vint changer tout en beau.
A mes vœux, tout était prospère.
J'étais protégé des amours; Je possédais le don de plaire...
Que ne peut-on rêver toujours !
ZJ Mémoires historiques et militaires sur Carnot, rédigés d'après ses manuscrits, p. 479.
2 /6id., p. 489, m.