‹ Histoire du directoireChapitre 233 sur 241 · PIÈCES JUSTIFICATIVES · texte numérisé non relu

PIÈCES JUSTIFICATIVES

Espérons, du reste, qu'en 1852 nous ne verrons rien d'analogue à ce qui a eu lieu en 1793 et 1794; mais, pour que les honnêtes gens ne soient pas trompés dans leur attente , il faut plus que jamais qu'ils serrent leurs rangs, et marchent le front haut; il faut surtout que, comme leurs infortunés et mal inspirés devanciers de 1791 et 1792 , ils n'oublient pas le vieil adage :

Qui quitte la partie la perd !

Enfin , puisque ma mémoire n'a pas subi, autant que je le croyais, l'influence dissolvante de trois quarts de siècle et plus, je terminerai par une observation qui aura, je n'en doute pas , quelque chose de consolant pour vous comme pour moi; c'est que mainte fois, soit dans le Nord, soit dans la Vendée, j'ai vu nos pauvres réquisitionnaires, ayant intrépidement bravé tous les dangers, se retourner après le combat pour tendre leurs bras et offrir leur modeste pécule ou leurs piteuses rations à un grand nombre de sommités sociales qui, fuyant la mort et df]k en proie à toutes les misères, venaient chercher un abri et du pain dans les plus simples emplois des divers services administratifs del'armée.

Agréez, mon cher Monsieur, mes civilités empressées.

Colonel d'étatmajor de la garde nationale de Paris , jusqu'au licenciement de 1827.

Paris, 30 septembre 1851.

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