Î PIÈCES JUSTIFICATIVES
deuxième campagne, ma santé se trouva tellement délabrée, que je fus obligé de revenir en Anjou, au sein de ma famille.
Malheureusement mon retour ne fat pas bien interprété par le comité de surveillance de Saumur; c'était l'époque où les fusillades et les noyades servaient d*auxiliaires à la guillotine, qui ne fonctionnait pas assez vite au gré de certaines impatiences. Obligé , comme tant d'autres, d'aviser aux moyens de dérober ma tête de suspect à la hache révolutionnaire, je ne tardai pas, grâce à Dieu, à m 'assurer un refuge dans les bureaux du commissaire ordonnateur en chef de l'armée , et peu de temps après , cet honorable administrateur, dont j'avais cherché à mériter la bienveillance par mon zèle et mon dévouement, me confia les fonctions de commissaire des guerres adjoint.
Dans cette nouvelle pçsition , j'étais journellement en contact avec les troupes, aux besoins desquelles nous étions , mes camarades et moi, chargés de pourvoir, dans la proportion de nos modiques ressources ; et ce fut alors , mon cher Monsieur, comme je crois avoir eu occasion de vous le dire précédemment, que j'ai vu et revu à Saumur, à Angers et à Nantes , plusieurs officiers portant des culottes de peau humaine.
Est-il vrai maintenant, ainsi qu'on TaflErmait dans ce temps de si honteuse et de si déplorable mémoire , que les peaux d'homme étaient préparées dans les tanneries spéciales des ponts de Ce, et qu'elles provenaient notamment des cadavres que l'armée vendéenne avait laissés au siège d'Angers, avant de se diriger sur le Mansî Je n'ai aucune certitude à cet égard, et je ne puis rien ajouter de plus aux tristes détails que je viens de vous mettre sous les yeux, dans le but de vous prêter assistance , suivant vos désirs , pour les recherches historiques qui vous occupent.