‹ Histoire du directoireChapitre 29 sur 241 · VIT · texte numérisé non relu

VIT

Après avoir disposé de la volonté de la France, on pouvait certes disposer de la configuration de son territoire. Contrairement à Topinion d'Aristote, qui disait que la politique est faite pour les natioos , ks philosophes pensaient que les nations sont faites pour les systèmes. L' Assemblée constituante, en brisan^

^ On coniisrft la lettre ridiculement célèbre, éHaos laquelle Ilérdt^ âe Sécbettes (kttaodait eoonMUiiMlioii de» Ims é& Mimo^^ qm ékt voient se trouver ^ ùisdÂ^il^ à la- Bibliothèque nationale,

» Thibaudeatf, Mémoires, i. I, p. 480.

tons les ressorts judiciaires , toutes les circonscriptions religieuses et administratives, en un mot, en faisant désapprendre au pays quatorze siècles d'habitudes , avaitôtéà la politique son mobile le plus nécessaire, à savoir : l'autorité que le temps imprime aux institutions. En effet, le pli que les législateurs donnent aux mœurs d'un peuple est long à se former, et long à se défaire.

La division du territoire fut donc changée encore une fois par la commission des Onze; elle abolit les districts, institués, dès 1787, par M. de Galonné, au siège des anciennes élections, et sanctionnés par l'Assemblée constituante. Elle leur substitua les cantons^ généralement placés au siège des anciens bailliages et des anciennes sénéchaussées. L'idée de ce changement, dit Tbibaudeau, fut due à Boissy-d'Anglas, qui rappela que les administrations des districts s'étaient signalées par leur turbulence démagogique, tandis que celles des cantons, au 20 juin 1792, comme au 31 mai 1793, s'étaient toujours montrées favorables à l'ordre.

L'observation de Boissy-d'Anglas était juste, et elle avait une explication fort simple. La Constitution de 1 791 ayant donné une importance politique fort considérable aux districts, et n'en ayant donné presque aucune aux cantons, c'était dans les districts que les démagogues de Paris avaient établi les succursales de leur grande Jacobinière, fondé leurs clubs importants et placé leurs affidés. Voilà pourquoi, au

Page 1