LIVRE QUATRIÈME
de 1 793 ; les Montagnards, à Hérault de Séchelles ' et à Saint- Jost la seconde. Sieyès, qui passait, dit Thibaudeau, pour le premier architecte politique de r Europe ^j n'accepta pas la mission que ses collègues lui avaient donnée, de travailler à celle de 1795.
On sent ce que devaient être de telles productions, sorties d'esprits creux, rêveurs, ardents, systématiques, taillant des empires dans le plein drap de leur métaphysique, complètement étrangers aux habitudes, aux traditions, aux mœurs des populations; ne sachant pas le premier mot des lois, de Tadminis* tration ou des finances, et dont Louis XIY n'aurait pas voulu pour maîtres des requêtes , ou Napoléon pour sous-préfels.
La commission des Onze comprenait un petit noyau monarchique, formé de Lanjuinais, ancien professeur de droit ecclésiastique à la Faculté de droit de Rennes; de Boissy-d'Anglas, ancien maître d'hôtel du comte de Provence , et de Lesage (d'Eure-et-Loir). Louvet était un Girondin , c'est-à-dire un ambitieux sans convictions précises et solides. Le vieux Durand de Maillane, royaliste par sentiment, hésitant par caractère, était démocrate par contenance. Tous les au-
< Voir sur la première Constitution de 4793, préparée par les Girondins, les Mémoires de Barrère, l. II, p. MO et 300 ; — et sur la deuxième Constitution, préparée par les Montagnards, p. 408-409.
^ Thibaudeau, Mémoires, t. I, p. 477.
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très étaient répiiMteains, mftift répdMicatûê eôffîtne la plapart Tétaient à cette époque, fé{mblic)sfa«s coùom Fouché, comme Sieyèâ, comme Cafnot, c'eftt^à-dire tout disposés à devenir comtes de TEmpife.
En ce temps-là, on ne commençait pas une constitution sans inscrire à son premier feuillet ce qu'on appelait une Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. C'était une banalité à la mode, et tout à fait dans le caractère emphatique du dix-^huitième siècle. Les architectes politiques n^auraient pas voulu côn* struire leur édifice social sans un pdreil portiqué^, quoique les généralités qui en font la matière eussent été plus naturellement renvoyées aux quatrains de Pibrac , que placées dans l'institution et la réglementation des pouvoirs publics. La Constitution de Tan III eut donc sa déclaration des droits comme celles de 1791 et de 1793-; seulement, et comme un correctif que l'on crut indiqué par l'expérience, ia commission y ajouta une déclaration des devoirs.
Comme c'était l'usage depuis 1 789, personne, dans la commission des Onze, ne songea à consulter la France sur le genre de gouvernement qui pouvait lui convenir. Sous prétexte de l'arracher aux rds f les
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philosophes s'étaient approprié la sodéfé, dont ils disposaient selon leurs systèmes; et de même que Hé«ratilt de Sécheïles avait voulu donner à là ftnnm les lois de Minos ' ^ la commission des Onze crut qu'elle pouvait lui donner celles de la Convention.
CestThibaudeaUy Pun des membres de la commi»siou, qui nous fait cette naïve confidence : « Pour ne pas remettre en délibération dans les assemblées primaires la forme de gouvernement, la république, on adopta , dit-il , cette rédaction : La République française est une et indivisible ^ au lietï de celle-ci, qui avait été proposée i Le peuple français se constitue eh république*. i> Ainsi, la Conventiort finissait comme elle avait commencé. Après avoir imposé la république à la France, Sané discussion, en 1792, elle la lui imposait de nouteau , sans la Consulter , en 1 795 , par une rédaction Sournoise de la nouvelle Constitution.