‹ Histoire du directoireChapitre 83 sur 241 · LIVRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE ONZIÈME

» Mais tant de maux à réparer et tant de bien à faire ne peuvent être l'ouvrage d'un jour. Le peuple français est juste et loyal : il sentira que, dans la confusion où se trouve VÉtat^ au moment où son gouvernement nous est confié, nous avons besoin du temps, du calme et de la patience, et d'une confiance proportionnée aux efforts que nous avons à faire. Elle ne sera pas trompée, cette confiance , si le peuple ne se laisse plus entraîner aux suggestions perfides des royalistes, qui renouent leurs trames; des fanatiques, qui embrasent sans cesse les imaginations, et des sangsues publiques, qui calculent toujours sur nos misères.

» Elle ne sera pas trompée, si le peuple n'attribue pas aux autorités nouvelles des désordres amenés par six ans de révolution^ qui ne peuvent se réparer qu'avec le temps ^ elle ne sera pas trompée, si le peuple se rappelle que, depuis plus de trois ans, chaque fois que les ennemis de la République , profitant du sentiment de nos maux, ont exaspéré les esprits, et occasionné des mouvements, sous prétexte d'en diminuer le poids; ces agitations n'ont eu d'autre effet que ctaugmenter le discrédit^ et d'éloigner la reproduction et r abondance j qui ne peuvent être que le fruit de V ordre et de la tranquillité publique.

» Français, vous n'entraverez pas un gouvernement récent; vous n'exigerez pas de lui, dès son berceau , tout ce qu'il peut faire quand il aura acquis toute la vigueur dont il est susceptible : mais vous seconde-

rez avec sàgesfte les efforts toujours aetifs et la marche impertutbable du Difeetoire enécutif vers le prompt établissement du bonbetir public^ et bientôt tous votis assurerez irrétocablement, avec \& titre glorieux de républicains ^ la psàx et la prospérité nationale, n

C'était la première fois que les désordres de la ré^ velution étaient avoués par le gouvernement ; é'était la première foid que la chute des mœtirs, du travail ^ du crédit^ de F industrie^ du commerce ^ des arts et des lettres^ était présentée cotume la conséquence de Tagitation^ de Tibsurrectibn^ de rémeuteJus(}u'al(H*8 vantées et presque divinisées ; c'était la t>remière fois que la France était conviée à soutenir le pouvoir et les lois^ contre les(|uels$ depuis six ans,* on Tftvait déchàinéei Ge langage Si nouveau pénétra les esprits et les cœurs ^ et les émut profondémeiltï

Sans doute^ il y avait encore là de ce fanatisme de sectaires^ qui donnait aux systèmes^ aux théoHes^ le pas sur la réalité des choses, et qui aurait niieux aimé laisser périr là France que la Républi(|ue et l'athêismô) mais enfin le pays entendait pârlfer^ avec une certaine sincérité extérieure^ de liberté^ d'drdre, de sécurité^ de bien-être; et quelle âme nô se serait otlverte à l'espérance, au sortir d'un régime d'OftpreS^ sion, de supplices et de famine?

Ge besoin universellemebt senti d'un potivoir ferme et résolu investit le Direeteire d'une coûfianfce et d'une force presque sans limites ; et tandis qiie le pouvoir législatif, auquel la CdnsHttition aVdit

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