LIVRE DOUZIÈME
calte do là Raison ^ établi par Ghaumette, et le culte de VÊtre suprême^ établi par Robespierre.
Les philosophes da dix-huitième siècle avaient eu 068 deux pfétentionSy de détruire la religion pour euK^mémed et de la conserver pour le peuple.
Ils àfléctaient de penser que ce qu'ils nommaient la bonne eompagnie n'avait l^esoin, en fait de dogflae et de morale , que des enseignements de 1^ philosophie; et cette philosophie leui* semblait largement suffisant^ peur inspirer» diriger et contenir les nuBurs.
Us ne se dissimulaient pas que le peuple , absorbé par les travaux continuels de Pagriculture, du négoce et de ria^Mtrie , serait perpétuellement privé des notions que les pl^ilosophes puisent dans la méditation et dpQS Véinàei et comme ils attachaient un prix infini à sa douceur et à sa soumission, ils prér tendaient le maintenir sous la tutelle de la religion et des prêtres.
DaiK choses leur avaient paru éminemment effir caces pour amener ce double résultat. La première consistait à détacher le clergé catholique de ggo cbçf spirituel y et à l0 soumettre, comme le rest^ des citoyens^ à Tautorité de la loi politique; la seconde cQDsistgiiJ; à refflpjgçer m dotation patrinaooiale et feé^ réditaire par un subside à la charge de TÉtat. Ces deu^ moyens, dont le second était ^à ^ l'inveo^tion du roi de Prusse Frédéric II, auraient maintenu en eflfet l'influence du clergé sur les masses popu-
laires, et en auraient exonéré le chef de FÉtat, les ministres, les fonctionnaires et leurs amis, en la mettant dans leurs mains ^ .
Le dernier mot de cette doctrine , bien faite pour sourire à Frédéric II, était, en émancipant les classes aristocratiques, d'étendre et de consolider laôbumission des classes populaires , et de donner à l'autorité politique et civile l'autorité religieuse pour auxiliaire et pour sanction.
Ce furent là les idées que les philosophes , devenus maîtres de la France, essayèrent de réaliser en établissant ce qu'ils nommèrent la Constitution civile du clergé. Mais ces hommes, dont l'orgueil et T ambition étaient le seul mobile , avaient compté sans la foi et sans le courage du sacerdoce, qui resta fidèle aux croyances et aux traditions de l'Église, préférant la pauvreté, l'exil et la mort à des richesses et à des honneurs achetés au prix de l'apostasie.
Alors les philosophes, qui se targuaient d'être les patrons de la liberté de la pensée, furent contraints de
1 Voici l'extrait d'une lettre de Frédéric à Voltaire, qui explique bien des événements de notre révolution :
« Le pape et les moines finiront sans doute ; leur chute ne sera pas l'ouvrage de la raison, mais ils périront à mesure que les finances des grands potentats se dérangeront. En France, quand on aura épuisé tous les expédients pour avoir des espèces, on sera forcé de séculariser des abbayes et des couvents. Cet exemple sera imité, et le nombre des cucullati réduit à peu de chose. » — Après avoir donné aux philosophes l'idée de prendre lesbiens de l'Église, Frédéric leur suggère, dans la même lettre, l'idée de faire une constitution civile du clergé. -- Lelt. de Frédéric à Voltaire du 9 juillet 4777.
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lailles. Ainsi, le 26 octobre étaient la fête de VOie; le 5 novembre, celle du Dindon; le 25, celle du Porc; le iô décembre, celle du Grillon ; le 4 janvier, celle du Lapin; le 14, celle du Chat; le 25 février, celle du Bonc; te 4 avril, celle de la Poule; le 4 mai, celle du Ver à soie; et le 4 4, celle de la Carpe.
Le 1 9 juillet, fête de saint Yincent de Paul, le bé» rm de rhumairité, était consacré à VÉpeautre; le 28 août, fête de saint Augustin, le plus grand des docteurs, était coni^cré à la Pastèque; et le 2 décembre, fête de saint François Xavier, Tapôtre des Indes, était consacré au Raifort!
Le temps où la Convention votait toutes ces cboses, que la postérité ne croira pas, était celui où les Anglais tenaient Toulon , les Espagnols la frontière des Pyrénées, où nos armées étaient battues et décimées partout, où la Vendée était en feu, la surface du pays couverte de geôles emplies jusqu'au faite, et où, à Paris seulement, la guillotine dévorait vingt victimes par jour! la Convention parlait de ses lumières, de sa philosophie, de son patriotisme, et mettait sa gloire à remplacer par des bêtes ou par des plantes, dans la légende chrétienne , le souvenir de tant de martyrs, d'apôtres ou de saints, vénérés pour leur coa^ rage, pour leur génie ou pour leurs vertus *.
^ t Les prêtres, dit Fabre, avaient assigné k chaque joor de raii<» nie la oonmiémoralicn d'an prétendu saint. Ce catalogoe ne préseiH tait ai otHité, ni nétbode; il était le riperUme du mermnff$j de la duperie et de ek4srkUani$mi.
» Nous avons penaô que la nation, après avoir chané ceite f(mk
Ce fat dans ce calendrier de Fabre d^Églantine, aii milieu des minéraux, des quadrupèdes, des volailles et des légumes, que le comité d'instruction publique, exécutant le décret du 7 mai 1793, plaça les trentesix fêtes de Robespierre.
L'histoire serait inutile, si elle ne racontait pas les actes de folie aussi bien que les actes de sagesse. Nous allons donc rapporter ici un mois entier du calendrier de Fabre et de Robespierre, le premier mois de Tan* née républicaine, commençant le %2 septembre et finissant le 21 octobre, et qui s'appelait Vendémiaire.