‹ Histoire du directoireChapitre 87 sur 241 · LIVRE DOUZIÈME. m · texte numérisé non relu

LIVRE DOUZIÈME. m

imagination chimérique allait toujours comme de préférence aux projets les plus ridicules ou les plus insensés. En 1 790, il voulait qu'on habillât les gardes nationaux de blanc, de bleu et de rouge, et qu'on écrivît ces mots sur la partie la plus apparente de leurs habits : Constitution, Liberté, Egalité; et, audessous : Veillez ' ! En 1 792 , il voulait faire décréter que la Convention irait porter secours, chez tous les peuples , aux citoyens qui auraient été vexés pour la liberté ^. Si on lui avait rendu justice , La Révellière aurait donc vieilli ignoré dans quelque situation subalterne.

Il était, dit Carnot, « puant et difforme; » et, s'il fallait en croire le témoignage de ce collègue de La Révellière, la nature, en l'affligeant ainsi , aurait eu pour objet de mettre en garde ceux qui en approchaient contre la fausseté de son caractère et la profonde corruption de son cœur *. Lorsque Carnot s'exprimait ainsi , il avait été exilé , presque déporté, et même presque assassiné, par le fait de Barras, de Rewbell et de La Révellière. On peut donc supposer qu'il n'y avait peut-être pas un plein désintéressement dans son témoignage.

La Révellière avait toute l'intolérance d'un philosophe du dix-huitième siècle ; l'idée d'un prêtre excitait dans son âme des transports de fureur. Il mit à

^ Moniteur du 7 décembre 1790.

2 Mmiteur du ?0 novembre 1792.

3 Carnot, Réponse au Rapport de Bailleulf p. 156.

n4 HISTOIRE DU DIRECTOIRE.

les parsécutar, à les traquer, k les emprisoQQar, aies déporter, la frénésie d'un tyran en démence, et ceux qu'il envoya périr de faim et d'abandon dansi les màr rais les plus infects de la Guyane subirent des supr plices inepnnus à La Barre et à Galas ^ ; mais, ea ddr hors de la questipn religieuse, que ses collègpes lui avaient abandonnée, La Révellière se montra pin» habituellement ridicule et fou, que méohmif ^^Yfl^l menait en laisse cet esprit vapiteui^ at fft^tstsqiie, 0^ sorbe dans ses deuK uniques amitiés , A^At^ Thwiil et Chemin-Dupoptès, et dans ses dm% mUm^ P^fM* sées , la ménagerie du Jardin-des-Plantes et 1» théetphilanthropie.

. Le culte 40 la Théophilflnthropifi était 1q troisième ess^i tepjé par les réyplQtiopnsires ppi^r reipplaca- Ip içj^rji^tiaiïwmo- Lps dpux premier^ ftyftieût été, le

^ Voici un ei^trait du rapport officiel adressé à Jeanost , levau d^ Danton, gQuvef^eur de Ifi Gqyapo, par \q comç^ajîdppt miliU^ire de Sinnamari.

« Les effets des morts ont été enlevés de la manière la plus scandaleuge. On a vu ceux qui les entef raient leur casser Iôb jamb^ , leur marcher et peser sur le ventre, poqr faire pntrer bjen vit^ leur cadavre dans une fosse tpop étroite et trop courte ; ils commettaient promptement ces horreurs, pour aussitôt courir à la dépouille des expirants. Les inSrmiere insultaient les mahie», et le^ apcablalent d*e^pr^8^ons iqfàmes, içnjonainieuses, cri^elles^ au moment de leur agonie.

» Le garde-magasin, dépositaire des effets des déportés, ne consentait à leur rendre qu'une partie de ce qu'ils réclamaient , et il leur disait: «Vous êtes morts; ainsi ceci doit vous suffire.» — Barbé-Marbois, Journal d'un déporté, t. lî, p. 83, 34.

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