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LIVRE DOUZIÈME

sonna au pavillon de V Unité. La Convention, prévenue , se disposait à descendre, lorsqu'on s'aperçut que Robespierre était disparu. On le chercha assez longtemps K Enfin, le roi de la fête fut retrouvé, et il descendit le premier, par le balcon du pavillon, sur l'estrade, suivi de la Convention nationale. Les députés avaient tous à la main, conformément au pro« gramme, un bouquet de fleurs mêlées d'épis. Robespierre avait oublié le sien chez Vilate *.

Robespierre portait le costume des représentants en mission, avec la ceinture tricolore, le chapeau ombragé de plumes et les boites à revers. Salué, dès qu'il parut, d'un long cri de Vive Robespierre! il s'avança vers la tribune qui l'attendait; et là , avec la solennité et Temphase habituelles de son débit, et Faccent artésien dont il ne se défit jamais, il lut le premier des deux discours qu'il devait prononcer.

« Il est enfin arrivé, dit-il, le jour à jamais fortuné que le peuple français consacre à TÊtre-Supréme. Jamais le monde qu'il a créé ne lui offrit un spectacle aussi digne de ses regards. Il a vu régner sur la terre la tyrannie, le crime et l'imposture; il voit dans ce moment une nation entière, aux prises avec tous les oppresseurs du genre humain, suspendre le cours de ses travaux héroïques pour élever sa pen-

* Vilate , Causes secrètes de la révolution du 9 thermidor ^ p. 497. 2 rbid.

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séô et ses vodox vers le ^aad Être qui lui dooua la misskHi de les entrepreadre et la force de les exécuter

)» Il n'a poiot créé les rois pour déwrer F espèce hufuaine ' ; il a'a point créé les prêtres pour nous atteler comme de vils animaux au char des rois, et pour donner au monde V exemple de la bassesse^ de Vorgueil^ de la perfidie, de la débauche et du men^ songe; mais il a créé Tunivers pour publier sa puisrsance

» C'est lui qui plaça dans le sein de l'oppresseur triomphant le remords et Tépouvante, et dans le cœur de rinuoeent opprimé le calme et la fierté; c'est lui qui force Thomme juste à haïr le méchant, et le méchant à respecter l'homme juste; c'est lui qui orna de pudeur le front de la beauté, pour l'embellir encore; c'est lui qui fait psdpiter les entrailles maternelles de tendresse et de joie; c'est lui qui baigne de larmes délicieuses les yeux du fils pressé contre le sein de sa mère

«Peuple généreux, veux-tu triompher de tous tes ennemis? Pratique la justice, et rends à la Divinité le seul culte digne d'elle. Peuple, livrons-nous aujourd'hui, sous ses auspices^ aux justes transports d'une pure allégresse : demain y nous combattrons encore les vices et les tyrans. Ngus donnerons au monde l'exemple des vertus républicaines, et ce sera Fhonorer encore, n , i i

1 Et quel roi, grand Dieu! dévoila jamais autant d*homne&(|ue Robespierre?

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De longs ois, indiquésdansle programme de David, saivirrat ce discours; et pendant qu'an ordiestre, placé sur les gradins de TamphithéÀtre, exécutait utte symphonie , Robespierre, tenant à la main le /toa*beau de h Vérité j c'est-à-dk^ une torche de résine, descendit vers le bassin ^ alla mettre ie feu au groupe représentant le Monstre de V Athéisme. Du milieu de ce groupe incendié devait, selon le prograMme, sortir la Sagesse. Lee^aicoaroo ^iTalea» ^4< mi —hIi J ■ *< i . prises, que FAnibilîoa , l'Égoîsme, ta Disoordie et la Fausse Simplicité forent à pettte eirtamées par le fra, et que la Sagesse en demeura complément roussie '. Le programme disait à cet endroit : € Du milieu de ces débris s'^ève la Sagesse om frmt ccdme et s&^ rein : à son asped, des larmes ée joie et de recoft^ naissance coulent de tous les yenx. » Malhe«ireiisèment pour le programme , Taccident arrivé à la Sagesse tarit là souree de toutes les larmes, et fer^ soime ne pleura.

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