Histoire du directoire de la République française
État des esprits. — Fêtes publiques. — Discours de Chénier. — Complot de Grenelle. — Discussion sur l'amnistie. — La liberté de la presse.
— Crimes et désordres. — Exécution des lois contre les émigrés. — Les naufragés de Calais. — Loi sur le renouvellement des Conseils.
— Situation des affaires étrangères. — Négociations avec l'Angleterre.
— Prohibition des marchandises anglaises. — Lord Malmesbury à Paris. — Message relatif aux journaux. — Mission du général Clarke.
— Reprise des négociations avec l'Angleterre. — Rupture des négociations. — Tentative d'une descente en Irlande. — Dispositions prises en Italie par le général Bonaparte. — Bataille de Rivoli. — Bataille de la Favorite. — Capitulation de Mantoue. — Marche sur Rome. — Traité de Tolentino. — Disposition du cabinet autrichien.
— Entretien de M. de Lucchesini et du général Bonaparte. — Campagne contre Tarchiduc Charles. — Suspension d'armes. — Lettre du général Bonaparte au Directoire. — Préliminaires de Léoben. — Victoires de Farmée de Sambre-et-Meuse. — Pa.-sage du Rhin. — Conquête de l'État de Venise. — Insurrection de Vérone
— Occupation de Venise.
Pendant que les armées soutenaient une guerre qui, en Italie, était une série de triomphes jusqu'alors inouïs; qui, en Allemagne, était glorieuse même dans II. 1
Z KTAT DES ESI'IUTS.
les revers; taudis que l'Europe alleiidait avec anxiété l'issue d'une lutte où son sort semblait attaché, l'opinion française en était peut-être moins i)réoccupée. Sans doute les victoires étaient une vive et universelle jouissance pour le sentiment patriotique. 11 surmontait les haines mutuelles des partis et leurs rancunes irréconciliables. Toutefois les passions i)olitiques, les intérêts lésés ou menacés, les amours-propres offensés, continuaient à attacher plus d'importance à leurs discordes qu'à la gloire nationale. Les uns et les autres cherchaient surtout en quoi leur cause pourrait profiter ou perdre par événements de la guerre.
Cette antipathie exaspérée des factions ne se manifestait point, comme à l'époque de la Convention, par des surprises de scrutin, par des révolutions de majorité; les séances étaient rarement orageuses; la tribune ne retentissait guère de paroles violentes et injurieuses; le conseil des Anciens était toujours calme; son vq[o s'exerçait avec prudence , plutôt sur les résolutions excessives du conseil des Cinq-Cents , que sur les projets demandés par le Directoire.
Ce cahne dans un réuime délibératif était dû surtout au mécanisme de hi Constitution : elle avait placé toutes les fonctions, qui composent plus spécialement le gouvernement, entre les mains du pouvoir exécutif. Les opinions manifestées dans les C-onseils pouvaient exercer sur sa conduite et sa direction politique une influence, mais non pas une contrainte. Les ministres (pie le Directoire em])lo\ait ne lui étaient pas donnés par une majorité ; ils n'étaient point des hommes politi([ues res[)onsables de leurs actes, ayant à les défendre, forts d'une autorité exercée sur les délibé-