‹ Histoire du directoire de la République française (volume 2)Chapitre 148 sur 152 · LE GÉNÉRAL BONAPARTE QUITTE RASTADT · texte numérisé non relu

LE GÉNÉRAL BONAPARTE QUITTE RASTADT

vernement français, avant de consulter sa politique, sait conserver le sentiment de sa dignité. » — Le comte de Fersen quitta Rastadt.

Dès que le comte de Cobentzel fut arrivé, les ratifications du traité de Campo-Formio furent échangées ; puis, par une convention militaire, il fut réglé que les troupes autrichiennes se retireraient de Mayence et de Manheim, qui , n'étant plus défendues que par le contingent des cercles, seraient facilement occupées par l'armée française ; les Autrichiens devaient aussi évacuer Philippsbourg, Ulm et Ingolstadt, et se replier sur la rive gauche du Danube. 1/armée du Rhin, d'après cette convention, se retirerait sur la rive gauche du Rhin, depuis Bâle jusqu'à Mayence. En Italie, Venise, les places fortes et les territoires attribués à l'Autriche devaient lui être remis.

Le général Bonaparte avait prévu combien serait longue, épineuse et confuse la négociation relative aux dépossessions, aux indemnités, aux sécularisations; combien il serait difficile de discuter les intérêts des grands ou des petits princes de l'empire. Il s'entendait mieux à trancher les questions qu'à les débattre; il lui convenait de signifier sa volonté, plutôt que de prendre en considération les droits ou l'équité. Peut-être la distribution des territoires et des souverainetés en Allemagne était-elle réglée dans son esprit; peut-être était-il confidentiellement d'accord avec le comte de Cobentzel sur un grand remaniement de l'empire germanique, où l'Autriche aurait trouvé son avantage : mais il n'était pas en mesure d'imposer au Directoire les projets qu'il avait pu concevoir; il n'était pas le maître en Allemagne comme en Italie; on lui H. 33

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avait déjà donné, pour collègues au congrès, des plénipotentiaires choisis pour représenter la politique aveugle , passionnée et imprudente du parti révolutionnaire; il ne pouvait compter sur leur complaisance et leur soumission. Ainsi les grands desseins, qui sans doute occupaient sa pensée, étaient subordonnés à la position qu'il prendrait dans le gouvernement de la République. Pour les mettre à exécution, il lui fidlait s'emparer du pouvoir ou du moins exercer une influence dominante.

Ainsi, son intention n'était point de rester au congrès. 11 voulait aller voir de près la situation intérieure de la France, s'opposer au triomphe de la faction démagogique et juger du rôle qu'il pourrait prendre, de la place qu'il pourrait occuper.

11 s'était fait écrire par Barras une lettre qu'il trouva à son arrivée à llastadt; il y était dit : — « Le Directoire est impatient de vous voir et de conférer avec vous sur les intérêts majeurs et multipliés de la patrie. Le voyage que vous ferez à Paris remplira d'abord le désir du Directoire de vous témoigner publiquement son extrême satisfaction , et d'être envers vous le premier interprète de la reconnaissance nationale. 11 est d'ailleurs nécessaire que vous connaissiez les intentions du gouvernement sur les grandes opérations dont vous êtes chargé ; aussi le Directoire vous attend. » — Cette lettre lui recommandait toutefois de ne point partir avant d'avoir conclu la convention militaire.

Dès que cette convention fut signée, le général Bonaparte quitta Rastadt.

FIN nu DEUXIÈME VOLUME.

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