CONGRÈS DE RASTADT
Formio disait expressément, que le congrès serait uniquement composé des plénipotentiaires de l'empire germanique et des plénipotentiaires de la République française.
En outre, la cour de Suède avait commis l'imprudence d'envoyer à llastadt, pour la représenter, le comte de Fersen , cet ami dévoué de la famille royale de France, qui n'avait pas quitté le roi et la reine jusqu'au funeste jour du 10 août, qui avait été auparavant mêlé à tous les projets formés, soit pour les sauver, soit pour rendre quelque autorité à la monarchie. C'était comme si le roi de Suède eût confié ses pouvoirs à un des chefs de l'émigration française. Déjà les plénipotentiaires de France avaient protesté contre l'admission du comte de Fersen au
congres.
Le général Bonaparte, lorsque le comte de Fersen se présenta à la tête de la légation suédoise, lui demanda quel était en ce moment le ministre de Suède à Paris; il n'y en avait aucun, et le Directoire avait refusé de recevoir le chargé d'affaires (jui était venu remplacer le baron de Staël. Le comte de Fersen répondit avec quelque embarras. — « On ne sait comment expliquer, ajouta le général , la conduite de la cour de Suède. Elle semble prendre à tâche dans toute occasion de se faire représenter par des agents ou des ambassadeurs essentiellement désagréables à la France. De quel œil le roi de Suède verrait-il un ministre français qui aurait cherché à soulever contre lui le peuple de Stockolm? Par réciprocité, la République française ne peut souffrir que des hommes trop connus par leurs liaisons avec l'ancienne cour de France viennent narguer les ministres de la première nation du monde. Le gou-