CAMPAGNE CONTRE L ARCHIDUC CHARLES
jours d avril, quarante mille hommes formant six divisions devaient arriver pour combattre sous les ordres de l'archiduc, qui les avait quelques mois auparavant conduits à la victoire; alors son armée allait être de quatre-vingt-dix mille hommes et très-supérieure en nombre à l'armée française.
Le général Bonaparte pensa d'abord, ainsi que les militaires qui connaissaient le vaste théâtre de cette guerre, que Farchiduc réunirait toutes ses forces dans le Tyrol. Les divisions venues des bords du Rhin, auraient ainsi rejoint son armée vingt jours plus tôt; il aurait en des positions inexpugnables ; il eût facilement rejeté en Italie le général Joubert, qui n'avait que dixsept mille hommes; l'armée française n'aurait point risqué de s'avancer dans la Carniole et la Carinfhie, en laissant sur sa gauche une armée formidable. Lorsque le général Bonaparte sut que FarchiduG était à Inspruck, le 6 février, il ne douta point que ce ne fût son projet, et il prescrivit au général Joubert ce qu'il aurait à faire dans cette supposition.
Soit par de fausses vues stratégiques, soit par la pensée que ce plan de campagne n'aurait point pour résultat de faciliter les négociations , le conseil aulique prescrivit à rarchiduc de réunir ses principales forces dans le FriouL
Rien ne convenait mieux au général de l'armée française; il se disposa aussitôt à commencer les hostilités et à mettre en mouvement ses divisions, un mois avant que l'archiduc eût reçu les renforts qui lui venaient des bords du Rhin.
Trois routes mettent l'Italie en communication avec Vienne; l'une partant de Vérone, suit la rive gauche de l'Adige jusqu'à Trente, passe le col du Brenner, et