‹ Histoire du directoire de la République française (volume 2)Chapitre 41 sur 152 · CAMPAGNE CONTRE L ARCHIDUC CHARLES · texte numérisé non relu

CAMPAGNE CONTRE L ARCHIDUC CHARLES

digues. De tant d'ennemis qui se coalisèrent contre la République, Tempereur seul reste devant vous. 11 n'a plus de politique, de volonté que celle de ce cabinet perfide, qui, étranger aux malheurs de la guerre, sourit avec plaisir aux maux du continent. Le Directoire exécutif n'a rien épargné pour donner la paix à l'Europe. La modération de ses propositions ne se ressentait pas de la force de ses armées ; elles n'ont pas été écoutées à Vienne. Il n'est donc plus d'espérance d'avoir la paix qu'en allant la chercher dans le cœur des Etats héréditaires. Vous y trouverez un brave peuple; vous respecterez sa religion et ses mœurs; vous protégerez ses propriétés. C'est la liberté que vous apporterez à la brave nation hongroise. »

Ce langage, qui, en France, devait enthousiasmer l'orgueil national , remplir de joie et d'espérance les amis de la République et flatter les préjugés révolutionnaires, n'était pas destiné à rendre la paix plus facile; ce ton menaçant, ces paroles injurieuses imposaient la nécessité de remporter des victoires assez éclatantes pour que l'Autriche signât non pas un traité, mais une capitulation.

Il importait de ne point tarder à attaquer l'armée autrichienne avant que l'archiduc réunît toutes ses forces. Le iO mars, le général Masséna passa la Piave dans les montagnes, fit six cents prisonniers à la division que commandait le général Lusignan, qui luimême fut pris; il s'empara de Feltre, de Cadore, de Bellune, et rejeta les Autrichiens au delà du Tagliamento. Le 1 2, les autres divisions. Serrurier et Guyeux, passèrent aussi la Piave dans la plaine. Sans attendre qu'on eût jeté un pont, les soldats de cette dernière division traversèrent la rivière à u'ué.

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La division que Bernadotte amenait des bords du Uliin rejoignit le 13 , et le 1G les deux armées se trouvèrent en présence, séparées par le Tagliamento. Il fallait passer la rivière en face de Tennemi. La canonnade se répondait d'une rive à l'autre ; les Autrichiens étaient en ligne sur Taulre bord. Le général Bonaparte tu cesser le feu et ramena ses colonnes en arrière. L'archiduc , voyant que les Français renonçaient à l'attaque, rentra dans son camp. Deux heures après, la division Bernadotte traversa hx rivière à gué, elle était déjà en ligne sur l'autre bord avant que les Autrichiens fussent arrivés pour s'opposer au passage. Le combat s'engagea. Les autres divisions passèrent immédiatement après. De part et d'autre, on se battit vaillamment pendant plusieurs heures ; enfin les Autrichiens furent repoussés. Se voyant en danger d'être tournés , ils se retirèrent en perdant des canons et des prisonniers.

Le général en chef avait voulu faire les honneurs de cette journée à Bernadotte el aux régiments de l'armée du Rhin ; ils avaient envie de se montrer égaux à leurs camarades de l'armée d'Italie, et se précipitèrent dans la rivière en criant : « Vive la République! »

La route de la Carinthie se trouvait coupée ; pour la regagner, l'archiduc dirigea, par une route transversale, trois divisions, sous les ordres du général Bayalitsch. Avec le reste de son armée, il se porta d'abord sur Palma Nova, afin de défendre le passage de l'Isonzo et de couvrir la Carniole et Trieste.

Pour se rendre maître de la route de Carinthie et en garder les passages, il fallait y arriver avant Masséna , qui avait quatre journées d'avance sur la colonne envoyée pour s'opposer à sa marche. Pour l'arrêter el

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donner au général Bayalitsch le temps de venir se placer devant lui, larchiduc vint se mettre à la tele d'une division de grenadiers qui se trouvait à Klagenfurth : il prit position pour défendre contre Masséna la position de Tarwis, qui garde un des passages de la Carinlliie. Il y eut là un combat opiniâtre où rarcliiduc paya de sa personne avec un grand courage; il fut sur le point d'être entouré et pris par les tirailleurs français. Les Autrichiens, après la plus honorable résistance , furent mis en déroute , et ne se rallièrent qu'à quelques lieues en arrière, à Villach. Pendant ce temps-là, le général en chef, avec les divisions Bernadotte et Serrurier, passait l'Isonzo , entrait à Palma Nova et à Goritz ; de là à Laybach.

La division du général Guyeux avait été chargée de poursuivre la colonne de Bayalitsch; il la serrait de près, et chaque jour il avait des engagements avec son arrière- garde, lui prenant des canons et des bagages. Parvenant enfin sur la route de Carinthie, la colonne autrichienne la trouva occupée par Masséna ; elle était pressée entre deux divisions françaises. Il lui fallut mettre bas les armes; trente-deux pièces de canon, quatre cents voitures, cinq mille hommes et quatre généraux furent pris.

Le quartier général suivit cette même route. Après Klagenfurth, l'armée passa la Drave sur un pont que les Autrichiens n'eurent pas le temps de brCder; elle était en Allemagne, dans une vallée riche et fertile, dont les habitants étaient doux et même hospitahers pour les vainqueurs.

Le général leur adressa une proclamation : — « L'armée française ne vient pas pour vous conquérir ni pour porter aucun changement à votre religion, à vos cou tu-

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mes, à vos mœurs; elle est l'amie de toutes les nations, et particulièrement des ])raves Germains. Habitants de la Carintliie, je le sais, vous détestez autant que nous, et les Anglais , et votre ministère qui leur est vendu. Si nous sommes en guerre depuis six ans, c'est contre le vœu des braves Hcmgrois, des citoyens éclairés de Vienne et des bons et simples habitants de l'Istrie, de la Carniole et de la Carintliie. Eh bien! malgré TAngleterre et les ministres de la cour de Vienne, soyons amis ; la république française aurait sur vous le droit de conquête; remplaçons-le par un contrat qui nous lie réciproquement. Vous ne vous mêlerez point d'une guerre qui n'a point votre aveu; vous fournirez aux besoins de mon armée. De mon côté, je protégerai vos propriétés; je ne tirerai de vous aucune contribution. La guerre n'est- elle pas assez horrible? Ne souffrezvous pas déjà trop, vous, innocentes victimes des passions des autres? Toutes les impositions que vous avez coutume de payer à l'empereur serviront à indemniser des dégâts irréparables de la marche d'une armée et à payer ce que vous m'avez fourni. »

Il est douteux que les phrases politiques de cette proclamation et les éloges donnés au caractère soumis de ces bons habitants leur apportassent beaucoup de consolation. Ce qui pouvait mieux adoucir le malheur d'être conquis et d'avoir pour hôtes de ses foyers une armée étrangère, c'était la discipline maintenue parmi les soldats, l'ordre établi dans les réquisitions et l'établissement d'une administration toute composée de riches })ropriétaires. Malgré le respect promis aux propriétés, toutes les marchandises anglaises qu'on trouva à ïrieste furent confisquées.

Les corps d'armée français et autrichien étaient restés

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en présence dans le Tyrol sans tenter aucun mouvement; mais lorsque les Autrichiens furent repoussés dans la vallée de la Drave, le général en chef ordonna à Joubert de battre Vennemi qui était inférieur en nombre, de le rejeter au delà du Brenner, en passant le col le plus élevé des Alpes tyroliennes, et de venir rejoindre Tarmée sur la route de Carinthie. Cet ordre fut exécuté et Joubert remporta à Saint-Michel une complète victoire sur le général autrichien Kempen; puis il avança dans le Tyrol. Une division autrichienne, venant des bords du Rhin, était arrivée à Clausen. Le général Kempen rallia les débris de son corps et prit une forte position ; elle fat emportée après un combat assez vif.

An lieu de continuer à suivre la route du Tyrol et d'arriver à ïnspruck, Joubert, selon les ordres qu'il avait reçus, tourna à droite pour venir rejoindre l'armée sur la route de Carinthie; il y arriva avec douze mille hommes, après avoir laissé un faible détachement pour garder les positions du Tyrol.

La campagne était ouverte depuis vingt jours et le quartier général était à soixante lieues de Vienne. Les armées de Rhin-et-Moselle devaient passer le Rhin , eu même temps que l'armée d'Italie passait la Piave; elles comptaient cent trente mille hommes, et les Autrichiens ne pouvaient leur en opposer que quatre-vingts. Si elles étaient entrées en campagne au moment indiqué par le général Bonaparte , si elles s'étaient avancées rapidement en Allemagne, il n'était pas impossible qu'elles arrivassent au rendez-vous que leur donnait le général Bonaparte sur les hauteurs du Simering , à vingt-cinq lieues de Vienne.

Le quartier général était déjà à Klagenfurth , le

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31 mars, lorsque le t^éuéral Bonaparte reçut une lettre (lu Directoire qui , en le félicitant de la victoire du Tagliamento, lui écrivait de ne pas compter sur la marche des armées en Allemagne ; que le gouvernement avait manqué d'argent pour les préparatifs, et qu'on n'avait pas même de bateaux pour passer le Rhin.

Était-ce seulement mauvaise administration, dissentiment entre les directeurs, ou manque d'autorité? Cela était possible , mais il y avait lieu à d'autres suppositions. L'expérience de la campagne de 1796 avait démontré que les deux armées qui pénétreraient en Allemagne et suivraient la vallée du Danube , devaient être sous le commandement d'un même général. Le Directoire avait semblé reconnaître cette évidente nécessité ; pendant quelques semaines, Moreau avait été général en chef des armées de Sambre-et-Meuse et de llhin-et-Moselle ; puis , lorsque l'expédition d'Irlande eut échoué, on avait donné à Hoche le commandement de Rhin-et-Moselle.

Le général Bonaparte demeura convaincu que le Directoire n'avait pas voulu le laisser commander les trois armées réunies devant Vienne, et remettre ainsi à sa volonté le sort de T Allemagne comme celui de l'Italie.

Il pensa que, sans le concours des forces qui devaient se joindre à Tarmée d'Italie, l'entreprise d'arriver jusqu'à Vienne serait imprudente; il n'avait pas assez de cavalerie pour faire la guerre dans un pays de plaine , et résolut de s'arrêter sur le Simering. En traitant avec l'Autriche il était assuré de lui imposer des conditions suflisannneiit avantageuses pour la République ; c'était hii qui les réglerait; c'était lui qui conclurait la paix ([ue solHci (aient les vœux de toute la France.

SUSPENSION tVaRMES. I 1 1

Douze heures après avoir reçu la lettre du Directoire il écrivit à l'archiduc Charles :

— (( Monsieur le général en chef, les braves militaires font la guerre et désirent la paix. Cette guerre ne dure-t-elle pas depuis six ans ? Avons-nous tué assez de monde et infligé assez de maux à la triste humanité? Elle réclame de tous côtés. L'Europe, qui avait pris les armes contre la république française , les a posées. Votre nation reste seule , et cependant le sang va couler plus que jamais. Cette sixième campagne s'annonce par des présages sinistres. Quelle qu'en soit l'issue, nous tuerons de part et d'autre quelques milliers d'hommes, et il faudra bien finir par s'entendre, puisque tout a un terme , même les passions haineuses.

(( N'y a-t-il donc aucun espoir de nous entendre malgré l'intervention de la cour de Londres? Continuerons-nous à nous entr'égorger pour les intérêts d'une nation étrangère aux maux de la guerre? Vous, monsieur le général en chef, qui , par votre naissance, approchez si près du trône , vous qui êtes au-dessus des petites passions qui animent souvent les ministres et les cabinets, êtes-vous décidé à mériter le titre de bienfaiteur de l'humanité, à être le vrai sauveur de l'Allemagne ? Ne croyez pas que j'entende par là qu'il ne soit pas possible de la sauver par la force des armes ; mais dans la SLq3position que les chances de la guerre vous deviennent favorables , l'Allemagne n'en sera pas moins ravagée. Quant à moi, monsieur le général en chef, si l'ouverture que j'ai l'honneur de vous faire peut sauver la vie à un seul homme , je m'estimerai plus fier de la couronne civique que j'aurai méritée, que de la triste gloire des triomphes militaires. »

Le général Bonaparte savait que cette lettre ne serait

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p;is mal accueillie, et qu'elle parviendrait à Vienne au moment opportun. Dès le 25 mars , lorsque les événements militaires eurent démontré que l'archiduc ne pouvait arrêter la marche de l'armée française, il avait été décidé en conseil privé qu'on négocierait d'abord pour un armistice de six semaines, et ensuite pour la paix; le ministre d'Angleterre en fut informé, et on ne lui cacha point que l'empereur était résigné à sacrifier les Pays-Bas.

Le 29 mars il fut invité à assister à un grand conseil d'Etat. Le baron de Thugut y expliqua avec Jes plus tristes détails quelle était la situation ; — (c l'armée française, supérieure en nombre , après avoir chaque jour obtenu de nouveaux avantages, est concentrée à Klagenfurtlî, et sa marche sur Vienne est menaçante. Les divisions attendues des bords du Rliin arriveront trop tard , et la levée en masse que la diète de Hongrie a offerte ne peut pas donner un secours actuel; l'Autriche, délaissée par la Russie, trahie par la Prusse, ne peut compter sur aucun auxiliaire; le roi de Naples a accepté la paix; le roi de Sardaigne consent à fournir un contingent à la France; l'Angleterre ne peut donner que des subsides, mais pas un soldat; l'Autriche ne doit-elle pas chercher son salut dans une négociation en même temps que dans une défense armée? » — Une proclamation du comte de Saurau , président de la Basse -Autriche , annonça que renq)ereur s'occupait avec ardeur des moyens d'accélérer la paix.

L'archiduc fut donc autorisé à répondre le 2 avril :

— f( Assurément tout en faisant la guerre, monsieur

le général en chef, et en suivant la vocation de l'honneur

et du devoir, je désire, ainsi que vous, la paix pour le

bonheur des [)euples et de Thumanilé. Connue néan-

SUSPENSION d'armes. 1 1 3

moins dans le poste qui m'est confié il ne m'appartient pas de scruter ni déterminer la querelle des puissances belligérantes , et que je ne suis muni , de la part de Sa Majesté l'empereur, d'aucun pouvoir pour traiter, vous trouverez naturel, monsieur le général, que je n'entre là-dessus avec vous dans aucune négociation et que j'attende des ordres supérieurs sur un objet d'aussi baute importance et qui n'est pas de mon ressort. Quelles que soient au reste les cbances futures de la guerre , je vous prie d'être persuadé , monsieur le général , de mon estime et de ma considération distinguée. »

Aucun armistice , aucune convention ne suspendait encore la marclie de l'armée française , elle continua son mouvement. La division Masséna rencontra l'arrière-garde autricbienne devant Freisacb, la poussa et entra pêle-mêle avec elle dans la ville, où elle s'empara des magasins. Marcbant encore en avant , elle arriva près de Neumarkt, où l'arcbiduc avait pris position pour défendre un passage resserré entre les montagnes. 11 avait enfin reçu des divisions venues du Rbin. Le général en clief réunit les trois divisions Masséna, Guyeux et Reynier et commença l'attaque avec un régiment d'infanterie légère tiré de l'armée de Sambre-et-\Ieuse; Témulation, qui s'était établie entre les soldats de l'armée d'Italie et les troupes arrivant d'Allemagne , augmentait l'ardeur des uns et des autres.

L'arcbiduc Cbarles montra une bravoure personnelle qui ne fut pas récompensée par la victoire ; il perdit ses positions. Les Français entrèrent à Neumarkt à la nuit tombante, et les Autrichiens perdirent encore douze cents prisonniers , six canons et cinq drapeaux.

L'archiduc fit demander une suspension d'armes II. 8

114 SUSPENSION d'armes.

proposée , disait-il , par la lettre qu'il avait reçue du général en chef. Il lui fut répondu qu'aucun armistice ne serait conclu , si ce n'était pour traiter de la paix.

L'armée française arriva sur les bords de la Muer, et le quartier général fut établi à Scheifling pendant les journées du 5 et du 6 avril.

Les Autrichiens avaient un grand intérêt à gagner quelques jours ; ils attendaient encore des colonnes parties du Rhin ; si des négociations devaient s'ouvrir, le cabinet de Vienne gagnerait à ne point les commencer dans ce moment de trouble et d'effroi. C'est ce que le général Bonaparte comprenait fort bien. Il se hâta d'avancer encore.

Avant de parvenir dans un pays découvert, la route suit le cours de la Muer dans des vallées si étroites qu'elles sont presque des ravins. Il y eut encore un combat d'avant- garde, le 3, à Unzmarkt; enfin, le 6 avril , le quartier général fut porté à Judenbourg , chef-lieu d'un des cercles de la Carinthie. L'avantgarde était à Léoben le 7.

Lorsque le général Berthier avait répondu à la demande d'un armistice, il avait joint à sa lettre, une indication sommaire des conditions que le général en chef proposerait comme base de la négociation : la cession des Pays-Bas et de la rive gauche du Rhin , Tindépendance de la Lombardie. Telles devaient être les demandes de la France.

Le 7 avril, le lieutenant général Bellegarde, chef d'état-major de l'archiduc et le comte de Meerfeldt se ])résentèrent à Léoben comme parlementaires. Après une longue conférence avec le général en chef, ils lui remirent une note dont le texte venait d'être convenu d'avance.

SUSPENSION d'armes. 115

f Sa Majesté l'empereur et roi n'ayant rien de plus à cœur que de concourir au repos de l'Europe et de terminer une guerre qui désole les deux nations : en conséquence de Touverture que vous avez faite à Son Altesse Royale par votre lettre datée de Klagenfurth , Sa Majesté l'empereur nous a envoyés vers vous pour s'entendre sur un objet de si haute importance.

« Après la conversation que nous venons d'avoir avec vous , et persuadés de la bonne volonté comme de Tintention des deux puissances de finir le plus tôt possil)le cette uuerre désastreuse , Son Altesse Kovale désire une suspension d'armes de dix jours , afin de pouvoir, avec plus de célérité , parvenir à ce Lut désiré , afin que toutes les longueurs et les obstacles que la continuation des hostilités porterait aux négociations soient levés et que tout concoure à établir la paix entre les deux grandes nations. »

La réponse du général en chef fut remise aussi par écrit aux deux parlementaires.

« Dans la position des deux armées une suspension d'armes est toute contraire à l'armée française ; mais si elle doit être un acheminement à la paix, tant désirée j)ar les deux peuples, je consens sans peine à vos désirs. La république française à souvent manifesté a Sa Majesté le désir de mettre fin à cette lutte cruelle, et je ne doute pas, après la conférence que j'ai eu l'honneur d'avoir avec vous, que sous peu de jours la paix ne soit enfin rétablie entre la république française et Sa Majesté. »

La suspension d'armes fut signée le 7 avril : elle devait durer cinq jours. Tout le pays jusqu'au Simering fut occupé par l'armée française, Griitz, capitale de la Styrie, était comprise dans la ligue qui séparait les

Français et les Autricliiens ; le quartier général était à

Léoben

Simerini

Léoben le 9 avril et ravant-garde à Bruck et sur le

Le général Bonaparte n'était nullement autorisé à eonelure un armistice; il n'avait aucun pouvoir pour en négocier les conditions , ni ])our signer les articles préliminaires d'un traité de paix. 11 n'avait point auprès de lui le général Clarke, négociateur accrédité par le Directoire. Ce ne fut pas une difficulté pour le général. Il écrivit le lendemain \ rendit compte de ce qu'il venait de décider et envoya les lettres et notes échangées de part et d'autre.

« Mon intention , disait-il , était de faire reposer l'armée pendant deux ou trois jours; cette suspension dérange donc fort peu les opérations militaires. J'ai fait grande difficulté à l'accorder, mais les deux généraux autrichiens l'ont jugée indispensable. Le plénipotentiaire de Sa Majesté l'empereur doit arriver au quartier général avec des pleins pouvoirs pour une paix séparée, avant l'expiration de la trêve. Je leur ai dit que la clause préliminaire à la négociation devait être la cession jusqu'au Rhin. J'ai refusé une explication sur l'Italie. De leur coté , ils ont déclaré que si l'empereur devait tout perdre, il sortirait de Vienne et s'exposerait à toutes les chances. Je leur ai fait remarquer qu'en me taisant sur l'Italie , je faisais entendre qu'on admettrait la discussion sur cet article. — Nos armées n'ont pas encore })assé le Rhin et nous sommes déjà à vingt lieues de N'ieiine. L'armée d'Italie est donc seule exposée aux t'iïorts d'une des premières ])uissances de l'Europe.

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