‹ Histoire du directoire de la République française (volume 2)Chapitre 42 sur 152 · I . .ludenbouru; , 8 avril · texte numérisé non relu

I . .ludenbouru; , 8 avril

Les Vénitiens arment tons lenrs paysans , mettent en campagne tous leurs prêtres , et secouent tons les ressorts de leur \ieux gouvernement. Dans les États du Pape , des rassemblements considérables de paysans descendent des montagnes et menacent d'envabir la Romagne. Les différents peuples d'Italie, réunis par Tesprit de liberté et agités en sens différents par les passions les plus actives, ont besoin d'être surveillés. Vous trouverez ci-joint l'état des troupes que j'ai avec moi et de celles que j'ai en Italie. Tout me porte à penser que le moment de la paix est arrivé et que nous devons la faire dans un moment où nous pouvons dicter les conditions , pourvu qu'elles soient raisonnables.

« Si l'empereur nous cède tout ce qui lui appartient sur la rive gaucbe du Rbin, comme prince de la maison d'Âutricbe , et si , comme clief de l'empire , il reconnaît le Rbin pour limite de la Répul)lique; s'il cède à la république cispadane Modène et Carrare ; s'il nous donne Mavence en écbamje de Mantoue, nous aurons fait une paix beaucoup plus avantageuse que ne le portent les instructions du général Clarke. Nous renoncerons, il est vrai, à toute la Lombardie; mais n'aurons-nous pas tiré de nos succès tout le parti possible, lorsque nous aurons le Rhin pour limite, et que nous aurons institué, dans le cœur de l'Italie, une république qui , par Carrare, se trouvera près de nous, nous donnera le commerce du Pô, de l'Adriatique, et s'agrandira à mesure que le Pape se détruira.

(( J'expédie un courrier au général Clarke, pour que de Turin, il se rende en toute diligence ici. Il est porteur de vos instructions ; il a de pleins pouvoirs; j'espère qu'il arrivera à temps pour ne pas perdre le mo-

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ment qui est tout dans les ur'iociations de cette nature. Si , contre mou attente , la négociation ne réussissait pas, je me trouverais em])ari'assé sur le parti que j'aurais à prendre. Je clierclierais néanmoins à attirer l'ennemi dans une afYaire, à le battre, à obliger l'empereur à quitter Vienne ; après ([noi je serais obligé de rentrer en Italie, si les armées du llliin restaient dans l'inaction où elles se trouvent encore.

ce J'espère, quelque })arti (|ne je sois obligé de prendre, mériter votre approbation. Je me suis trouvé, de- ]Hiis le commencement de la campagne, passer à ebaque pas dans une situation nouvelle, et j'ai toujours eu le bonlieur de voir la conduite que j'ai tenue répondre à vos intentions. »

Dans une circonstance plus grande encore que toutes celles où le général Bonaparte s'était trouvé depuis une année de victoires, lorsqu'il s'agissait de la plus grave détermination que le gouvernement eût à prendre, il agissait encore de manière à ne lui ])oint laisser de libre arbitre ; il rencbaînait par la nécessité de la situation, et la lui faisait subir comme il la subissait luimême.

La cour de Vienne avait bien moins encore la liberté de cboisir une autre conduite que celle qui lui était im[)osée par la détresse de sa situation. Dans toute autre circonstance, elle n'aurait |)as remis son sort et confié la négociation à un ])léinpotentiaire étranger; le mai'cpiis de Gallo, nnnistre de Na[)les, avait eu la principale part dans le mariage de l'impératrice : c'était lui ([m l'avait conduite à Vienne; elle lui accordait toute sa confiance; c'était par elle (pie M. de Tbugut et le marcpiis de Gallo faisaient arriver à l'empereur leurs conseils ])acifiques. Le Directoire n'ignorait point ces

détails de la cour et du cabinet de Vienne. Un agent napolitain avait été plus d'une fois porteur de paroles entre le général Bonaparte et le marquis de Gallo; cet agent était déjà au quartier général, lorsque les deux généraux autrichiens y étaient venus pour conclure la suspension d'armes.

Lorsqu'elle fut signée et qu'ils la rapportèrent à Vienne, le parti de la paix eut encore à vaincre une opposition dans le conseil et l'influence du ministre d'Angleterre. Les motifs qui portaient le général français à offrir la paix et à la désirer étaient faciles à démêler. Les embarras et les périls où il se trouvait malgré ses victoires furent allégués pour détourner l'empereur de la triste résignation que conseillait M. de Thugut.

Mais en supposant même qu'il fût impossible et dangereux pour l'armée du général Bonaparte de continuer sa marche sur Vienne , en admettant qu'elle fût contrainte de se replier, on était menacé de voir les armées françaises s'avancer rapidement des bords du Rhin en Allemagne, où elles trouveraient peu de résistance.

Le marquis de Gallo et le comte de Meerfeldt reçurent doue les pleins pouvoirs de l'empereur et se rendirent au quartier général français, pour y traiter des articles préliminaires d'un traité de paix. Ils y arrivèrent le 13 avril, le jour même où finissait la suspension d'armes; elle fut d'abord prorogée jusqu'au 20.

Le général Bonaparte commença par faire un mauvais accueil à M. de Gallo; il lui demanda son nom. — (( Ce n'est pas un nom allemand, dit-il. — Je suis l'ambassadeur de Naples. )) — Je n'ai point à traiter avec Naples, répondit le général; l'empereur n'a-t-il

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