MARCHE DES TROUPES VERS PARIS
préparait à Brest. — « Au surplus , le Directoire a assuré que le courrier qui avait apporté cette nouvelle allait repartir char<T;é d'un contre-ordre, »
Le conseil des Cinq-Cents était vivement ému de cette nouvelle et le message fut voté à l'unanimité. Déjà, depuis deux jours, le bruit s'était répandu que le Directoire avait résolu d'appeler des troupes à Paris. Déjà un article menaçant et injurieux au conseil des Cinq-Cents avait paru dans le journal officiel. Après avoir parlé dans les termes les plus insultants de la discussion sur la liberté des cultes ; après avoir dénoncé une conspiration revêtue des formes légales, le Rédacteur disait : — u La maxime : laissez-faire , laissez - passer , utile en politique comme en commerce dans un temps calme, ne convient pas à l'état d'agitation où nous sommes. Non , il ne faut plus (( laisser -faire, » il ne faut plus « laisser -passer, » il est temps que l'immigration de nos plus cruels ennemis soit arrêtée par des mesures efficaces et que la corruption morale ai)portée par eux soit étouffée avant qu'elle puisse influer sur les procliaines élections. »
Ces menaces n'eurent pas pour effet d'intimider la majorité des Cinq-Cents; elles étaient au contraire une excitation et augmentaient l'influence des représentants les plus imprudemment bostiles au gouvernement, de ceux qu'il regardait comme de réels conspirateurs. Le rôle de Picbegru, de Willot, d'Aubry, de Delarue, d'Henry Larivière, devenait chaque, jour [)lus important. Le Directoire donnait raison à ceux qui reprochaient à l'ensemble du parti modéré son imprudente timidité.
Aussitôt après le message relatif à la marche des