‹ Histoire du directoire de la République Française (volume 3)Chapitre 11 sur 141 · DIVISION DES POUVOIRS · texte numérisé non relu

DIVISION DES POUVOIRS

tyrannique exercée par les auteurs et les partisans d'une insurrection victorieuse; ils avaient régné au nom de leurs passions plutôt que de leurs opinions. En effet, hormis la commune ardeur à faire une seconde révolution, aucun symbole, aucun but assuré n'avait rallié les diverses fractions du parti qui s'intitulait républicain. Elles s'étaient fait entre elles une guerre acharnée; tour à tour elles s'étaient égorgées l'une l'autre sur l'échafaud.

Maintenant, la République régulière et constitutionnelle semblait avoir réuni les révolutionnaires de toutes nuances. Effrayés par un mouvement de réaction, menacés par l'opinion publique qui voulait briser leur joug, ils avaient oublié leurs discordes. Se pardonnant mutuellement leurs cruelles offenses, ils avaient, du moins dans la Convention, manœuvré de concert pour se maintenir dans le pouvoir et pour accorder la liberté seulement à tous ceux qui en avaient joui et abusé, comme serviteurs empressés ou dociles de la tyrannie précédente.

La constitution de Tan m était donc destinée à être la forteresse des intérêts révolutionnaires; mais comme tout régime légal et régulier peut, s'il est loyalement observé, profiter à la généralité des citoyens, quelle que soit leur opinion, le parti révolutionnaire avait mis garnison dans cette forteresse.

Les élections venaient toutefois de démontrer que la précaution prise de faire entrer dans la composition du Corps législatif les deux tiers de conventionnels était un expédient provisoire; dans un an, la moitié de ces anciens représentants allait arriver au terme de ses fonctions et serait remplacée par un nouveau tiers élu

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