ARMÉE DE RHIN-ET-MOSBLLB
six mille hommes sous les ordres du général Wartensleben, pour observer Jourdan, et vingt-cinq mille dans un camp retranché pour protéger Mayence. Avec le renfort qu'il amenait au général Latour, il se trouvait à la tête d'une armée nombreuse, formée d'excellentes troupes. 11 venait de remporter une victoire sur Tarmée de Sambre-et-Meuse. Plein de joie et d'espérance, voyant ses soldats aussi confiants et animés que lui , supérieur en nombre à Tarmée française, il se flattait de la jeter dans le Rhin et de délivrer rAllomagne.
Le général Moreau n'était pas moins disposé à accepter la bataille ; il la gagna, mais elle ne fut pas décisive, soit parce qu'elle ne changea pas essentiellement la situation des deux armées , soit parce qu'un chef d'armée, même très- habile, ne sait pas toujours imaginer toute la portée qu'il pourrait donner à sa victoire.
D'ailleurs, les deux généraux n'opéraient point avec toutes leurs forces. Tandis qu'à Etdingen, Moreau et Desaix résistaient avec peine et audace aux efforts de l'archiduc pendant toute la journée du 9 juillet, Saint- Cyr, à quelques lieues du champ de bataille, rejetait l'aile gauche autrichienne, formée du contingent saxon , jusqu'au Necker.
L'archiduc craignit d'être tourné et se retira sur Stuttgard après avoir renforcé les garnisons de Philipsbourg et de Manheim.
L'aile droite de Moreau avait remonté la rive droite du Rhin et forçait les Autrichiens à évacuer le Brisgau et toutes les villes frontières. Ainsi , tout le pays compris entre le Rhin, le lac de Constance et les montagnes de la forêt Noire, allait être bientôt occupé par les Français.