CHANGEMENTS DE MINISTRES
A ce moment, le Directoire changeait quelques-uns de ses ministres. Faypoultfut remplacé au département des finances par Ramel, membre du conseil des Cinq- Cents. Aubert Dubayet, ministre de la guerre, fut nommé ambassadeur à Constantinople ; M. Pétiet, membre du conseil des Anciens, administrateur militaire, homme honorable et entouré de la considération publi- <jue, fut choisi pour son successeur*. De tous les ministres, celui qui avait le mieux réussi à obtenir la confiance générale et l'approbation des honnêtes gens, c'était Bénezech. Aussi était-il en butte aux dénonciations et aux attaques des révolutionnaires de toute nuance. Leurs journaux l'insultaient et le calomniaient. Le Directoire suivait une marche peu conforme aux conseils du ministre de Tintérieur ; créer un ministère de la police en le confiant à un homme d'opinion opposée , c'était clairement manifester que Bénezech n'avait pas toute sa confiance ; il envoya donc sa démission. L'accepter eût été le signal d'une politique beaucoup plus livrée au parti révolutionnaire que le Directoire ne la voulait ; en ce moment , la démission de Bénezech fut refusée dans des termes très-honorables pour lui.
Il l'avait spécialement motivée sur la situation où le plaçait la controverse des journaux; poursuivi par les accusations et les outrages des feuilles jacobines, il était défendu vivement par les éloges des écrivains de l'opinion modérée, qu'on appelait des royalistes. En annonçant qu'il retirait sa démission , il disait : — « Je saurai me mettre au-dessus des éloges des uns et braver la censure des autres. »