‹ Histoire du directoire de la République Française (volume 3)Chapitre 6 sur 141 · PRÉFACE. XI · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XI

respect d'une institution consacrée par le temps. Tout était nouveau , tout était né de la veille parmi les lut* tes et les convulsions révolutionnaires ; ni les lois con« stitutionnelles , ni les règles de Tadministration , ni les lois civiles récemment défigurées n'avaient la sanction de la coutume.

Les principes abstraits et philosophiques, dont s'étaient inspirés les législateurs, étaient contestés. Cette législation avait subi Faction des circonstances ; elle portait la marque de la faction qui venait de l'imposer à la nation ; elle n'était rien de plus que la sauvegarde d'une collection d'intérêts personnels.

La France en était déjà à sa quatrième constitution , et lors même qu'elle l'eût accueillie avec une prévention favorable , le respect devaitmanquer.

Ainsi le gouvernement directorial était une étape de la Révolution; il n'en pouvait être autrement, puisque la nation elle-même ne reprenait pas un esprit d'ordre et d'unité. La conservation des droits de tous et de chacun n'était point la pensée commune , le lien de tous • les citoyens. Les partis combattaient encore pour se détruire et se disputaient le pouvoir.

Les révolutionnaires possédaient l'autorité executive, perpétuaient leur domination sur le pays, dépouillaient du droit de cité quiconque n'avait point participé à leurs actes ou à leurs opinions , maintenaient un code de proscription. Les réactionnaires et même les modérés obtenaient la majorité dans la législature , entravaient le gouvernement et pouvaient être soupçonnés de travailler à la destruction de la République.

Se voyant menacé par la liberté constitutionnelle , le -

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