‹ Histoire du directoire de la République Française (volume 3)Chapitre 8 sur 141 · PRÉFACE. XV · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XV

victoire était immenseï où la défaite aurait été un arrêt du destin. La politique extérieure des révolutionnaires n'avait jamais été pratiquée sur une aussi vaste échelle ; jamais il n'avait été proclamé plus haut que la France nouvelle était incompatible avec la vieille Europe. Elle était découpée en royaumes nouveaux, distribuée à de nouvelles dynasties, soumii^e à des lois nouvelles. Et tous ces changements n'étaient pas demandés par les peuples, mais imposés à leur obéissance ; la Révolution était importée par la conquête.

Ce fut ainsi qu'après avoir comprimé et découragé les partis , après avoir rétabli l'ordre matériel , avoir créé une administration régulière, le plus éminent génie des temps modernes réussit seulement à suspendre le cours des révolutions ; il avait enchaîné à son service l'esprit révolutionnaire , mais ne l'avait pas jeté dans l'oubli, ni fermé l'abîme.

A quelle forme de gouvernement, à quelle souveraineté appartiendra d'accomplir cet immense et définitif bienfait? Comment sera guéri cet esprit d'envieuse égalité, cette répugnance à toute hiérarchie, même lorsqu'elle ne comporte aucun privilège? Comment la société sera-t-elle partagée en classes quand elles ne peuvent avoir de limites précises ? Comment perdronsnous cette habitude d'instabilité, ce sentiment du provisoire où se console le mécontentement? Comment l'ambitieux qui ne se voit pas aussi puissant ni placé aussi haut qu'il croit le mériter, perdra-t-il la pensée d'une révolution et renoncera-t--il à en faire courir les risques à son pays? Comment retrouverons-nous quelque sécurité sur le retour de libertés trop souvent em*

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