Lettre du général Labarpe, 20 avril
218 ADMINISTRATION DE L^ARMÉB.
faire cesser la misère et les violences des soldats envers les habitants était de remporter une grande et prompte victoire, qui donnerait toute facilité et tout loisir pour rétablir Tordre et rendre au soldat le bienêtre qui lui est dû. Déjà l'invasion du Piémont avait rendu la situation meilleure; maintenant l'occupation de Milan et de la riche contrée qui Tenvironne allait permettre d'employer avec ordre et avec moins de gaspillage les ressources dont pouvait disposer le vainqueur. Nul général , nul gouvernement n'a jamais eu le génie de l'administration au point où il le possédait. Lorsqu'elle devenait sa préoccupation » il en connaissait tous les détails, tous les chiffres, tout le mécanisme; avant de lancer une armée à l'accomplissement de quelque grand dessein , il n'omettait aucune précaution pour qu'elle fût pourvue de tous les moyens de vivre et de vaincre.
Les contributions imposées aux princes qui obte* naient un armistice, les chevaux et les vivres dont on exigeait la prompte livraison devaient rendre plus faciles les dispositions à prendre pour entretenir de l'armée et pour établir un meilleur ordre dans l'administration militaire. C'était le principal soin du général en chef pendant la halte qu'il faisait à Milan , devenu le centre et le point de départ de la campagne qu'il allait entreprendre contre Beaulieu. 11 écrivait au Directoire le 22 mai :
« Le commissaire Salicetti vous fera passer l'état des contributions que nous avons imposées ; vous pouvez, à cette heure, compter sur six ou huit millions en or, argent , lingots ou bijoux qui sont à votre disposition à Gênes. Vous pouvez disposer de cette somme superflue aux besoins de l'armée. Si vous le