‹ Histoire du directoire de la République Française (volume 3)Chapitre 95 sur 141 · LETTRE DE BABEUF AC OIBECTOIRE · texte numérisé non relu

LETTRE DE BABEUF AC OIBECTOIRE

à tout ce que nous voulons; ainsi Von va presser extraordinairement les moments, n

Les pièces spécialement relatives à Drouet furent aussi transmises; une commission fut nommée pour les examiner et proposer au conseil ce qu'il convenait de décréter en se conformant à la Constitution,

Le lendemain de son arrestation Babeuf avait écrit au Directoire une lettre, monument singulier de Torgueil et de l'enivrement de cet homme.

— u Regarderiez-vous au-dessous de vous, citoyens Directeurs , de traiter avec moi , de puissance à puissance? Vous avez vu de quelle vaste puissance je suis le centre; vous avez vu que mon parti peut balancer le vôtre ; vous avez vu quelles immenses ramifications y tiennent. Je suis presque convaincu que cet aperçu vous a fait trembler. — Est-il de votre intérêt, de Tintérèt de la patrie de donner de Téclat à la conjuration que vous avez découverte? je ne le pense pas. — Qu'arriverait-il si cette affaire paraissait au grand jour? J'y jouerais le plus glorieux de tous les rôles. J'y démontrerais avec toute la grandeur d'âme, avec toute l'énergie que vous me connaissez, la sainteté de cette conjuration; sortant de la route lâche et frayée des dénégations , je développerais les grands principes; je plaiderais les droits éternels du peuple avec tout l'avantage que donne l'intime pénétration de la beauté du sujet. Ce procès ne serait pas celui de la justice, mais celui du fort contre le faible , des oppresseurs contre les opprimés et leurs magnanimes défenseurs. On pourrait me condamner à la déportation ou à la mort. Mon jugement serait regardé comme prononcé par le crime puissant contre la vertu faible. Mon échafaud figurerait glorieusement à

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