‹ Histoire du directoire de la République française (volume 4)Chapitre 101 sur 110 · RETRAITE DE L ARMÉE DU RHIN · texte numérisé non relu

RETRAITE DE L ARMÉE DU RHIN

avertissement du péril qui pouvait menacer une retraite.

Le 16 septembre, le corps de Desaix était arrivé sur le Danube ; l'armée se mit en marche , suivie par les généraux La Tour et Nauendorf , qui l'attaquèrent le 28 septembre et furent repoussés sur tous les points.

Un obstacle et un péril de tous les jours accompagnaient cette retraite ; les populations que le passage et le séjour d'une armée envahissante avaient vexées, maltraitées, ruinées, en gardaient la profonde rancune qui éclata avec une ardeur cruelle dès que l'ennemi fut vaincu et chassé. L'armée de Jourdan avait éprouvé les effets de ce changement de fortune ; l'exemple fut contagieux pour les paysans de la Souabe , qui avaient pourtant été traités avec plus de ménagements. Les soldats isolés étaient assaillis , poursuivis , amenés captifs aux Autrichiens ; les convois étaient surpris ; les hôpitaux n'étaient point en sûreté; les choses en étant à ce point , personne ne blâmait plus la détermination que le général Moreau avait prise , et l'on s'applaudissait de sa prévoyance.

Déjà le général Nauendorf avec sa division , se séparant du général La Tour, était venu occuper les défilés de la forêt Noire avec une nuée de paysans armés et la colonne sortie des garnisons. L'archiduc s'avançait avec douze mille hommes en remontant la rive droite du Rhin.

Moreau profita de l'affaiblissement du corps de La Tour, laissé seul à la poursuite de l'armée française; il l'attaqua à Biberach , le mit en complète déroute, et lui prit des drapeaux, des canons et quatre ou cinq mille prisonniers.

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Le 1 0 octobre, il força les passages de la forêt Noire ; le défilé du Val d'Enfer fut traversé en quatre jours, et, le 15, l'armée pouvait communiquer avec la France par les ponts d'Huningue et de Vieux-Brisach; elle était en bon ordre , animée et en plein courage : elle n'avait pas perdu un canon ; les blessés et les bagages avaient été dirigés par une route que n'occupait point l'ennemi et avaient pu parvenir à Huningue.

Le 18 l'archiduc marcha contre l'armée française à la tête de trente-six mille hommes; il avait réuni au détachement qu'il amenait les corps de La Tour, de Nauendorf, de Petrusch qui commandait la colonne tirée des places fortes , de Frohlich et du prince de Condé. On combattit de part et d'autre avec vigueur. Les pertes furent à peu près égales , mais l'armée de Moreau ne fut pas entamée ; il prit position à Fribourg et couvrait ainsi la communication avec Neu-Brisach. Desaix traversa le fleuve le 21 octobre et descendit à Strasbourg par la rive gauche. Le 23, une nouvelle attaque fut essayée contre cette armée ainsi diminuée; elle défendit sa position ; le 26 octobre, elle passa le pont d'Huningue et rentra en France.

C'était finir glorieusement une campagne désastreuse, où plusieurs victoires avaient honoré les armes françaises. Aucune grande bataille n'avait été perdue. Les Français avaient été vaincus plutôt par des manœuvres bien dirigées que par une supériorité de bravoure dans les soldats autrichiens ; plutôt par la conception fausse du plan de campagne que par l'inhabileté des généraux. Après avoir occupé toute une région de l'Allemagne, de cette conquête il ne restait plus au delà du Rhin que Dusseldorf, la tête de pont d'Huningue et Kelh , qui devait être vaillamment défendu.

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