‹ Histoire du directoire de la République française (volume 4)Chapitre 11 sur 110 · XII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XII PRÉFACE

Directoire prit l'initiative, viola les lois , mutila la représentation nationale , rétablit la tyrannie et l'arbitraire, sans oser leur donner un caractère complet de cruauté.

Il trouva obéissance dans la force armée et soumission dans la masse nationale : cela devait être; aucune institution n'existait par elle-même; aucun centre de résistance ne pouvait rallier les citoyens ; pas un organe ne leur était laissé pour présenter leurs réclamations ; toute autorité était une délégation du pouvoir central ; la discipline militaire, qui avait assuré le triomphe du Directoire , semblait être devenue la loi politique de la France. L'inertie était commandée au citoyen comme l'action au soldat.

Il fallut donc attendre avec une humble résignation que l'exercice du pouvoir absolu eût amené les résultats qui en dérivent tôt ou tard; les hommes qui l'avaient occupé étaient mal habiles à s'en servir, aveuglés par des préjugés de faction, sans prévoyance du lendemain, fatalistes comme sont les révolutionnaires, divisés entre eux , cédant et résistant alternativement aux exigences d'un parti qui, lui-même, était divisé et fractionné. Le désordre de l'administration , la conduite insensée des affaires étrangères , la guerre rallumée, les conquêtes perdues , le territoire de nouveau menacé : telle fut bientôt la situation où la France fut conduite par le Directoire.

Certes, il était très-faible et la nation très-mécontenle, et cependant il subsista jusqu'à ce que la force militaire eût servi d'organe et d'instrument à l'opinion publique.

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