‹ Histoire du directoire de la République française (volume 4)Chapitre 12 sur 110 · PRÉFACE. XIII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XIII

Les révolutionnaires politiques, même les plus éclairés , n'avaient nullement entrepris la tâche imposée à tout gouvernement qui voudrait terminer la Révolution et acquérir des chances de durée ; la mission qu'ils s'étaient donnée consistaiX.à s'occuper des intérêts de leur parti , à prolonger sa domination , à le rassurer contre la crainte d'un retour vers l'ancien ordre social : ce fut leur unique soin. Plusieurs d'entre eux s'aperçurent qu'ils ne réussiraient point à conserver leur République et songèrent à leur intérêt personnel, mais ils n'osèrent pas se décider à déserter la cause révolutionnaire.

Il faut convenir toutefois qu'établir l'autorité publique au-dessus de tous les partis ; ne tenir aucun compte des antécédents ; ne point regarder à ce qu'avait fait ou dit tout citoyen qui voudrait se soumettre aux lois et au gouvernement ; abolir les souvenirs envenimés de la Révolution : c'était une entreprise difficile. Elle était hors de la portée des hommes qui ne comprenaient même pas l'indispensable nécessité de la tenter.

Outre le génie qui pouvait en donner la conception, outre la force de caractère et la liberté d'esprit nécessaires pour la réaliser, outre la connaissance parfaite et pratique des conditions de l'ordre public , la clôture , même provisoire de la Révolution, exigeait un principe d'autorité, un droit de commander, une position qui imposât le respect. Aucune de ces conditions ne manquait au général Bonaparte, personne en France et en Europe n'avait un doute à cet égard.

Et pourtant lorsqu'après quatorze ans d'une domination incontestée, l'édifice de son pouvoir fut écroulé,

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