PRÉFACE. III
L'histoire du Directoire exécutif est donc une suite nécessaire, une continuation de l'histoire de la Convention. L'une se termine en racontant comment les révolutionnaires du 10 août, offensés dans leur orgueil et leur ambition , inquiets de la réaction et du mouvement de l'opinion publique , conservèrent le pouvoir dont ils s'étaient emparés, afin de le faire servir à leur défense ; l'autre histoire a pour tâche d'exposer comment, pour s'y maintenir, ils ne trouvèrent pas d'autres moyens, que les mêmes violations de la loi, de la justice et de l'humanité qu'ils avaient employées pour le conquérir. Leur politique fut donc la même, conforme à leurs habitudes, dictée par leurs souvenirs; la fausseté de leur esprit, leurs idées étroites et exclusives, leurs passions ne cessèrent point de les aveugler.
Les circonstances étaient entièrement différentes. La violence et la tyrannie n'avaient plus la même portée; employées non plus comme système, mais comme expédient pour échapper à un embarras ou à un péril , elles ne constituaient pas essentiellement la situation ; elles ne donnaient pas l'idée que le gouvernement avait une force réelle; il ne pouvait pas tenter un second régime de la Terreur; ress.ayer pour un jour était déjà une témérité; dès le lendemain la division reparaissait entre les gouvernants. Le comité de salut public , devenu directoire exécutif, ne trouvait plus des Jacobins et des Cordehers pour le contraindre ; une commune de Paris pour le seconder; une majorité de représentants pour lui accorder leurs votes eerviles.
Cette différence de situation rend nécessairement les