BARRAS
bité qu'il ne méritait point; lorsqu'il sortit du Directoire, il passait pour s'être procuré une énorme fortune : cela n'était pas vrai ; il n'était pas plus riche qu'avant la Révolution.
Barras appartenait à une de^ plus nobles familles de Provence. Il avait honorablement servi aux Indes pendant la guerre d'Amérique. Revenu en France après la paix, il abandonna la carrière militaire, et vécut à Paris dans un assez grand désordre de mœurs, qui contribua, ainsi que la passion du jeu, à déranger sa fortune et à le brouiller avec sa famille. Telle était sa situation lorsque commença la Révolution. Il se mêla à tous les mouvements populaires , et fut un des vainqueurs de la Bastille. Mais son ardeur séditieuse, que peut-être il a exagérée lorsque plus tard il lui convenait de s'en vanter, ne fit pas de lui un personnage important ; son nom était inconnu ; il était à Versailles au 5 octobre, et appelé en témoignage, lorsqu'une procédure fut commencée, il déposa de ce qu'il avait vu, en exprimant son indignation contre les brigands qui avaient envahi le château et menacé les jours de la reine.
Il fut élu à la Convention , prit place parmi les amis de Danton, et vota, comme eux , dans le procès du roi Envoyé en mission avec Fréron dans les départements du midi , ils procédèrent aux massacres et aux exécutions qui ensanglantèrent Toulon et Marseille. Ils furent rappelés avant le 9 thermidor, lorsque Robespierre avait peut-être conçu la pensée de poursuivre quelquesuns des partisans de Danton, en leur imputant les horreurs commises dans leur proconsulat. Ce rappel déplut aux jacobins du midi , et tous les clubs du pays réclamèrent en faveur de Barras et de Fréron, « les I. 2