BARRAS
seuls représentants qui avaient mérité la confiance des républicains. »
Le 9 thermidor. Barras fut mis à la tête de la force armée , qu'on essayait de rassembler pour défendre la Convention contre la Commune révoltée où siégeaient Robespierre, Couthon et Saint-Just. Il contribua, par sa courageuse activité , à susciter dans les sections de nombreuses réunions prêtes à combattre l'insurrection. Encore qu'il n'eût pris aucune part à la conquête de l'hôtel de ville et à la main mise sur Robespierre, la journée du 9 thermidor donna à Barras beaucoup de renommée et d'importance.
Après avoir, ainsi que Tallien et Fréron , ses intimes amis, encouragé ou même excité la réaction et le mouvement de la jeunesse parisienne, il redevint jacobin et montagnard. Aucun n'avait été plus ardent que lui à donner pour conséquence à la victoire de vendémiaire une reprise du régime de la Terreur.
C'est dans cette disposition que Barras entrait au Directoire, et semblait appelé à y jouer le principal rôle. Il n'en fut pas tout à fait ainsi. Sans opinion sincère, devenu révolutionnaire par circonstance et par le goût ou l'habitude du désordre; conservant quelque chose du gentilhomme dans le jacobin ; plus débauché et d'une dépravation plus infâme encore qu'il n'en avait la réputation, Barras était insouciant, paresseux, sans système, sans but politique, sans expérience du maniement des affaires , et ne s'en mêlant que par occasion.
Toutefois, s'il était moins que Rewbell l'homme spécial du gouvernement, il était plus que lui le maître du Directoire. Son caractère absolu, ses emportements vrais ou calculés, sa discussion injurieuse, sa voix menaçante, sa haute taille, ses airs d'officier tapageur,