‹ Histoire du directoire de la République française (volume 4)Chapitre 48 sur 110 · STOFFLET REPREND LES ARMES · texte numérisé non relu

STOFFLET REPREND LES ARMES

Peu de jours après son retour de Paris, le général reçut une nouvelle lettre de Stofflet et Bernier, qui l'assuraient encore de leurs intentions pacifiques et de la haute estime qu'ils professaient pour lui. 11 n'avait pas été dupe de leurs propositions, et ne songeait même plus à les employer à l'accomplissement de ses desseins. Il croyait avec certitude que Bernier ne consentirait jamais à la paix, si elle ne lui laissait pas une position supérieure et indépendante sur le théâtre de la guerre civile, et que sa chimère était de devenir le directeur principal du parti royaliste militant , chargé de négocier avec les princes et le ministère anglais, ayant pouvoir de réunir et mettre en mouvement les diverses insurrections; en attendant, il comptait traiter avec le gouvernement de la République, de puissance à puissance. « Bernier voudrait faire de Stofflet un prince dont il serait le ministre, « écrivait le général Hoche au Directoire.

Cette prétention ne pouvait être admise par le général ni par le gouvernement ; les paroisses qui environnaient le territoire de Stofflet étaient successivement désarmées. Il allait être cerné de tous côtés.

D'autre part, l'abbé Bernier voyait croître son importance parmi la faction royaliste. M. de Puisaye, qui suivait, sans être ni découragé ni clairvoyant, un dessein à peu près semblable , était en correspondance habituelle avec lui; il lui témoignait tant de considération et de déférence qu'il lui offrit la haute mission d'agent général des royalistes à Londres et auprès des princes. Comme Bernier comprenait que, hors de la Vendée, son importance serait bientôt annulée, il désigna le comte de Colbert Maulevrier, qui avait en

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