‹ Histoire du directoire de la République française (volume 4)Chapitre 49 sur 110 · DÉCLARATION DE LOUIS XVII I · texte numérisé non relu

DÉCLARATION DE LOUIS XVII I

Anjou une grande importance par sa fortune et sa position.

Tout étant ainsi réglé, l'abbé Dernier envoya à Stofflet, pour qu'il y apposât sa signature, deux proclamations, Tune adressée à ses anciens compagnons pour les rappeler aux armes , et l'autre aux soldats des armées républicaines pour les engager à quitter leurs drapeaux.

On imprima et l'on publia en même temps une pièce, dont sans doute les royalistes attendaient un grand effet, qui fut à peine remarquée et n'émut nullement l'opinion publique : c'était une déclaration du roi Louis XVIII , datée de Vérone, le 8 juillet 1795, aussitôt après la mort de Louis XVII. Il l'avait envoyée à Charette, qui ne l'avait pas fait imprimer, et àStofflet, qui n'était point alors décidé à rompre la pacification.

Cet acte royal , écrit avec soin et dans des idées de prudence et de modération dont le prétendant faisait profession, est curieux comme expression d'un immuable sentiment de son droit et d'une conviction que sa légitime autorité ne pouvait souffrir ni interruption ni diminution. L'idée d'une transaction, d'une concession à faire, soit à la nation qui le rappellerait, soit au parti qui pourrait le ramener, ne se présentait pas à son esprit. Il se comparait à Henri IV, sans se souvenir que le chef de sa race, encore qu'il eût vaincu par les armes, avait su discerner les nécessités de sa position , et que les inspirations de son caractère généreux avaient été conformes aux conseils de la politique.

Ainsi Louis XVIII, en parlant de clémence, supposait qu'elle ne lui serait nullement commandée par les circonstances , et qu'on lui devrait une grande recon-

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