‹ Histoire du directoire de la République française (volume 4)Chapitre 9 sur 110 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

cliangé; le calendrier n'était plus le même , toute pratique de religion était supprimée; il fallait être en même temps familier et humble avec les délégués du despotisme qu'on implorait pour sauver soi ou ses parents.

On s'était soumis et presque habitué à ce nouvel état de la société quand arriva le 9 thermidor. Les progrès de la réaction fu-rent lents. Elle participa des mœurs révolutionnaires et commit de cruels excès ; à Paris où elle ne fut que bruyante et frivole , la jeunesse dorée était une preuve vivante des habitudes que la Terreur avait laissées ; elle se composait de jeunes gens de toute classe et de toute position, se mêlant indistinctement les uns aux autres pour attaquer les Jacobins, briser le buste de Marat ou chanter le Réveil du peuple.

Aucun sentiment' d'inégalité ne venait à la pensée des fils d'émigrés ou de condamnés ; l'égalité avait régné dans les prisons et sur i'échafaud ; elle subsistait parmi ceux qui, jouissant de leur délivrance, se livraient en commun à la réaction.

La constitution de '1795 fut donnée à une société ainsi disposée. La liberté des élections , la liberté de la presse , l'impunité alternant avec une répression arbitraire; telles étaient les franchises accordées à une nation dissoute en individus et livrée à Téparpillement de l'égalité. Cette France nouvelle ne se connaissait pas elle-même , l'ancien état social avait disparu , un autre allait-il se former ?

Les citoyens ne pouvaient se grouper et se classer que suivant les opinions et les partis. Le lien de leurs associations n'était pas la défense d'un droit légal , le

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