‹ Histoire du directoire de la République française (volume 4)Chapitre 8 sur 110 · PRÉFACE. IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. IX

gouvernée par des lois récentes, n'en avait pas subi loute l'influence; elle subsistait encore par ses mœurs et ses souvenirs. La hiérarchie par priviléi^e était abolie en droit, mais en fait elle était conservée par habitude, du moins provisoirement. Les hommes nouveaux que l'Assemblée constituante et le mouvement de la Révolution venaient d'élever au-dessus de leur situation précédente, prenaient place dans un rang supérieur à celui 011 ils étaient auparavant. Si quelque idée de fixité et de classement avait pu être conçue, on aurait supposé qu'une sorte de promotion aristocratique venait d'avoir lieu.

Ce fut précisément cet état de la société qui irrita l'esprit d'égalité et d'envie. Dans son impatience, il s'intitula amour de la république et voulut faire une révolution nouvelle pour détruire ce reste et cette apparence de hiérarchie sociale ; les uns espéraient se constituer en aristocratie de capacité et d'intelligence ; les autres exigeaient l'égalité absolue.

Les derniers réussirent dans leur ardeur de nivellement. La plus complète tyrannie amena la plus parfaite égalité. Il n'y eut plus qu'une seule classe dans la cité; car les hommes qu'on persécutait, qu'on emprisonnait, qu'on envoyait à l'échafaud , qu'on dépouillait de leurs biens n'étaient plus des citoyens.

On ne saurait imaginer à quel point le régime de la Terreur, exercé sur la France , depuis Paris jusqu'au moindre village , effaça tous les souvenirs , changea toutes les relations , abolit les anciennes mœurs. 11 y allait de la vie à conserver la moindre trace du passé ; le nom des lieux , des personnes , des mesures était

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