août
mois, le Directoire demanda au Corps législatif de prendre des mesures réglementaires et répressives.
Il ne suffisait pas à la puissante cabale, qui maintenant disposait du conseil des Cinq-Cents, de diminuer les pouvoirs du Directoire; c'était surtout sa composi* tion personnelle qu'on voulait changer. Le parti qui avait choisi les Directeurs; qui les avait pris dans ses rangs; qui , pour les défendre contre les modérés^ avait violé la Constitution et fait le 18 fructidor, était maintenant décidé à les destituer et peut-être même à entamer contre eux des poursuites.
Le 5 juin, M. Boulay au nom des trois commissions des dépenses, des fonds et militaire , proposa qu'un message fût adressé au Directoire exécutif, et il en présenta le texte. Après un examen théorique de la division des pouvoirs et de leurs attributions , le rapporteur disait aux Directeurs : — « Tout annonce que la sûreté de la nation est menacée au dehors, que la tranquillité intérieure peut être compromise au dedans. Au dehors nous avons à soutenir une guerre violente ; il y a six mois que nous étions partout victorieux; il'paraît (\u'aujourd'hui Tennemi a sur nous Tavantage. Dantf cette circonstance, le conseil des Cinq -Cents s'attendait aux communications prescrites par la Constitution, et il n'en a pas encore reçu. Il ne convient pas à la grandeur du peuple français d'avoir une attitude humiUée; il faut qu'il reprenne celle que lui destinent la nature, sa force, son courage et son industrie. » .
I^ informations étaient aussi demandées sur Tétat intérieur de la République, sur Tinquiétude et la fermentation qui se manifestaient dans plusieurs départements.
— c( Dans cet état de choses, un plus long silence de ni. 27
votre part serait inquiétant pour le peuple et pour le Corps législatif. »
Des adresses arrivaient de toutes parts , dénonçant Scherer, les ministres ou le Directoire; les motions d'ordre se succédaient à chaque séance, pour demander des mesures énergiques contre les conspirateurs et les contre-révolutionnaires, pour ranimer l'esprit publie, pour encourager Télan politique et populaire. Le parti anarchiste s'efforçait de retrouver le mouvement révolutionnaire qui avait suivi le 10 août et l'invasion des Prussiens en Champagne.
Plusieurs messages avaient été adressés au Directoire pour lui demander des renseignements ou des explications sur des comptes de finance <^ des objets d'administration , et il s'était empressé d'envoyer ses réponses; mais le 16 juyi, le rapport sur l'état extérieur et intérieur de la République , ce rapport , si impérieusement exigé, n'était pas encore arrivé. Les commissions se plaignirent vivement de ce retard; elles proposèrent de rappeler par un nouveau message la démarche que le salut public avait commandée au Conseil , et de se déclarer en permanence jusqu'à l'arrivée d'une réponse. Un vote unanime accueillit cette proposition.
Le Directoire répondit aussitôt qu'il enverrait le lendemaiti les renseignements désirés par le Conseil et qu'il se mettait aussi en permanence.
Il fut alors proposé de lever la séance , mais le parti anarchiste , c'était alors le nom sous lequel était désignée la nouvelle Montagne, s'y opposa avec énergie. Son orateur le plus fougueux, M. Briot, s'écria : — « Au nom des dangers de la patrie et de votre propre conservation, représentants du peuple, ne vous se-