PROJETS DR SIÉTÈS ET DE BARRAS
cial ne pourraient subsister, si on ne réussissait pas à révolutionner TEurope entière. Les forces que déployait la nouvelle coalition , les premiers revers des armées françaises lui avaient ôté cette espérance- Il ne croyait plus à la République , encore moins à la liberté. Mais il avait toujours attaché moins d^importance à la forme du gouvernement qu'à Tétai et à la composition de la société ; pourvu qu'elle fût classée autrement que dans Tancien régime et que l'aristocratie nobiliaire fût abolie, l'essentiel de la révolution française serait conservé.
Siéyès avait donc songé à rétablir une monarchie. Ce n'était pas un projet arrêté : les circonstances ne donnaient pas encore la facilité de le mettre à exécution ; d'ailleurs Siéyès était prudent , son esprit était hardi à concevoir ou à conclure , mais il n'avait aucun goât pour les entreprises aventureuses et craignait de se compromettre.
Rappeler l'ancienne dynastie n'était guère une idée admissible.' Gomment lui imposer les conditions que Siéyès regardait comme indispensables? Proposer à Louis XVIII de rentrer en France sans les émigrés et âe subir la loi qu'on voudrait lui imposer, c'était une absurdité 9 et pour la tenter il eût fallu être réduit aux dernières extrémités. Siéyès songeait plutôt à un souverain qui ne serait pas Français. Il lui vint à la pensée de proposer la couronne de France à l'archiduc Charles y qui épouserait Madame Royale. Elle était . encore à Vienne, et la cour d'Autriche l'y retenait isolée de sa famille, sans écouter les réclamatious du roi Louis XVIII. Le cabinet de Vienne avait même songé à ce mariage, mais dans une tout autre idée, en faisant de cette union la condition et le prix d'une