PROJETS DE S1ÉYÈ8 ET DE BARRAS
plaçait Reveîllère. Siéyès . avait souhaité et espéré qu'ion lui donnerait pour collègues Cambacérès et Talleyrand , mais les Jacobins et Barras avaient la majorité aux Cinq-Cents.
Ainsi le Directoire exécutif était maintenant composé de Barras, Siéyès, Gohier, Roger-Ducos et Moulin. La République avait un nouveau gouvernement. I>aiis quelle voie allait-il marcher? quelles opinions professerait- il? quel parti favoriserait- il afin d'avoir son appui ? quels projets avait - il pour sauver la République en péril? — C'est ce que ne prévoyaient aucunement ni les meneurs politiques des Cinq- Cents, ni encore moins la masse des républicains exaltés qui venaient de renverser l'ancien gouverne* ment. Ils avaient voulu détruire le pouvoir existant sans savoir si les hommes qu'ilEf élevaient à la magistrature suprême réussiraient mieux que leurs pré« décesseurs à conjurer de si grands dangers, à changer une situation si alarmante. Ils ne savaient même pas quels pouvaient être les projets ou la pensée des hommes à qui ils accordaient leur confiance.
11 n'y avait réellement dans ce Directoire que deux hommes à qui Ton pût supposer quelque capacité politique : Siéyès et Barras.
Siéyès venait de passer une année en Prusse : il avait pu juger de la situation de l'Europe. Loin du désordre qui agitait les partis et troublait les opinions , loin des déclamations de tribune, des illusions des intrigants ou des faiseurs de révolution, il avait observé avec calme les probabilités et les chances de la lutte que la France allait avoir à soutenir. Longtemps il avait cru que la République et le nouvel ordre so-