ÉVÉNEMEIITS DB LA GUERRE EN ITALIE
u'elle n'arrivât point à Taide de Macdonald , en se irigeant par Tortone et Yoghera.
Les Français étaient à Plaisance; ils marchèrent ◦ntre le corps autrichien qui leur était opposé et le oussèrent jusqu'à la Trebia. Le 1 7 juin , Tavant-garde e Macdonald attaqua les avant-postes ennemis et comlença par les repousser jusqu'à San Giovanni. Mais ^ général Ott, qui commandait les Autrichiens , se vit ientôt soutenu par le corps du général Mêlas que lui nvoyait Souvarov ; il arriva lui-même dans la journée .\ec son armée, et Macdonald, avec trente mille lommes, se trouva aux prises avec une armée de quarante-cinq mille. Il avait été blessé quelques jours iuparavant et se faisait porter sur un brancard. La >ataille s'engagea le lendemain, 18 juin, sur les bords le la Trebia, dont les Français occupaient la rive gauche.
La première journée fut vivement disputée, et l'armée française repassa la rivière sans que Souvarov réussît à la tourner, conmie le lui faisait espérer sa supériorité numérique. Le lendemain, les Français, qu'il croyait avoir battus, l'attaquèrent avec une extrême vivacité, firent replier tous les postes ennemis; il y eut un moment où la victoire parut acquise à Macdonald; mais, après un combat acharné, où la division polonaise du général Dombrowski se comporta avec une extrême vaillance, l'avantage resta à l'armée austro-russe.
Pendant ce temps-là, ainsi que cela était convenu, Moreau , à la tète des quatorze mille hommes qui lui restaient , s'était avancé par la route de Gênes à Tortone ; il rencontra à Gavi le corps du général Bellegarde; il le combattit avec succès dans les journées
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du 19 et du 20 juin» et il allait marcher sur Voghera, lorsqu'il apprit en même temps la bataille de la Trebia et la reddition de la citadelle de Turin.
Voilà en quelle situation le nouveau Directoire trouvait la guerre. Voilà quelles nouvelles exasfiéraient la majorité du conseil des Cinq-Cents et le parti jacobin contre le gouvernement qu'ils avaient renversé et contre quiconque cherchait le salut de la République dans une politique sage et conciliante. Des adresses arrivaient de toutes parts , demandant la mise en accusation des Directeurs expulsés; le conseil des Cinq -Cents les renvoyait à une commission j)our les examiner.
Au gré des exaltés, le retour au régime de 1793 se faisait trop attendre ; mais le Directoire se refusait à marcher dans cette voie , et la majorité du Corps l^slatif devenait moins assurée lorsqu'on voulait la pousser aux résolutions extrêmes. Le conseil des Anciens était toujours disposé à mettre son veto aux projets que ne voulait pas le gouvernement.
Alors la faction jacobine eut recours au moyen qui lui avait autrefois si bien réussi et qui avait fait d elle l'autorité suprême. Ils rouvrirent audacieusement leur société et reprirent leur nom de Jacobin qui depuis cinq ans était devenu une grosse injure. Des membres du Corps législatif se mirent à la tête de celte entreprise. Destrem député de la Haute-Garonne, ancien membre de TAssemblée législative mais qui n'avait point siégé à la Convention , en fut le plus actif promoteur; le général Marbot, membre du conseil des Anciens, républicain passionné, ne craignit pas de donner son appui à la résurrection jacobine. Le gêné-
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rai Jourdan s'y prêta aussi. On vit reparaître tous les anciens meneurs des sections , les orateurs du conseil de la Commune, les complices de Babeuf. L'article de la Constitution défendait aux sociétés politiques d'avoir un président; ils choisirent pour régulateur Drouet, à qui lé conseil des Cinq-Cents avait déjà accordé des indemnités. Ils s'établirent dans la vaste salle du Manège, où avaient siégé les Assemblées constituante et législative, puis la Convention avant de s'installer aux Tuileries; le conseil des Cinq-Cents l'avait laissée vacante depuis qu'il s'était transporté dans la nouvelle salle du palais Bourbon.
Les séances se tenaient ordinairement les soirs , et quelquefois pendant la journée. Dans le passage des Feuillants et sur la terrasse se tenaient des rassemblements d'ouvriers sans ouvrage , recrues des anciennes émeutes qui semblaient former comme la garde du club; parfois ces groupes se promenaient dans les rues en chantant la Marseillaise, et criant : « A bas les Chouans! » ou bien ils allaient faire du tapage dans quelques cafés. Les membres de la société se réunissaient en nombreux banquets où l'on portait des toasts menaçants pour Tordre public. Quelques généraux qui s'étaient faits pour ainsi dire les protecteurs de la nouvelle société n'étaient pas les moins violents dans leur langage. On remarqua le toast du générai Jourdan : — « A la résurrection des piques ; puissentelles, dans les mains du peuple , écraser tous ses ennemis. »
Bernadotte, Championnet, Marbot, Augereau formaient une sorte d'état-major du parti jacobin. En portant la santé de Championnet, le représentant Briot disait : — « Aux hommes qui savent détrôner les rois.