FERMETURE DE LA SOCIÉTÉ DBS JACOBINS
d'un passé que tant d'autres révolutionnaires avaient oublié.
Dans la même séance, un des inspecteurs de la salle, M. Cornet, proposa un arrêté , qui interdirait à toute société politique de tenir ses séances dans l'enceinte du palais où siégeait le conseil des Anciens. Cette disposition fut votée sans contradiction. Le Manège avait toujours été compris dans les dépendances du palais des Tuileries. La société des Jacobins en était donc e^^pulsée.
Ce premier réveil d*une autorité s'enhardissant au point d'essayer la résistance au désordre irrita la faction ainsi désarmée et bravée. On tenta vainement d'exciter un mouvement populaire. Les habitants du faubourg Saint-Antoine restèrent calmes et immobiles. Aucune protestation ne fut essayée. Un placard annonça que dorénavant la société se réunirait dans la ci-devant église du couvent des Jacobins de Saint- Thomas d'Aquin, rue du Bac. Ainsi le Directoire et les Anciens s'étaient déclarés; toutefois il était impossible de reconnaître dans cette manifestation un symptôme de véritable énergie. D'ailleurs, le Directoire, sans qu'aucune rupture eût éclaté, était évidemment divisé. Siéyès et Roger Ducos n'avaient point les mêmes pensées que Barras, Gohier et Moulins.
Quant au conseil des Cinq-Cents, il devenait de plus en plus un écho de la société des Jacobins. Ainsi, selon une motion produite d'abord au Manège, une loi changea la formule du serment civique et en retrancha les mots « haine à l'anarchie. » Le vote fut précédé d'une discussion où furent entendues d'étranges paroles sur l'époque où la commune de Paris, la société des Jacobins et les représentants en mission