‹ Histoire du directoire de la République FrançaiseChapitre 39 sur 174 · DIVISION DANS LE PARTI RÉVOLUTIOMNAIRS · texte numérisé non relu

DIVISION DANS LE PARTI RÉVOLUTIOMNAIRS

partageaient en quelque sorte cette autorité qu'ils avaient agrandie. D autres avaient un amour p.lu8 sin* cère de la République ; ils ne voulaient pas la liberté pour tous, mais ils se flattaient d'en jouir. S'ils s'étaient félicités d'être délivrés d'une majorité qui leur était contraire, ce n'est pas qu'ils eussent désiré l'humiliaiite docilité de la représentation nationale; ils commencèrent à murmurer contre le despotisme et à éprouver le sentiment de jalousie et de méfiance qu'ils avaient habituellement contre toute supériorité et tout pouvoir.

Mais cette fraction du parti républicain n'avait point la majorité dans les conseils. La masse centrale, aux opinions moyennes, au caractère timide, soumise au mal par crainte du pire, préférait le gouvernement du Directoire aux excès et aux folies dont on était évidemment menacé par les révolutionnaires mécontents. Ceux-ci placèrent donc leurs espérances sur les élections; tous leurs efforts, leurs manœuvres, leurs intrigues se portèrent de ce côté.

Le Directoire, ayant eu besoin de déchaîner cette opinion contre les modérés et contre la majorité législative, avait eu recours aux moyens dont il avait déjà connu les dangers. A l'instar du cercle constitutionnel, où Siéyès et ses amis avaient préparé le 1 8 fructidor, des clubs s'étaient formés dans les départements; bientôt, il y en eut partout. Leurs déclamations, leurs menaces, leurs dénonciations , étaient loin de produire le même eCTet que pendant la Terreur; ils inspiraient peu de crainte et réussissaient mal à réveiller l'apathie du public. C'était surtout dans les campagnes que régnait cette inerte indiCTérence. Dans certains départements, les Jacobins imaginèrent des clubs ambulants; c'était

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