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LES ÉLBCTIONS DE 1798. 163
Le plus notable changement qui fut opéré dans la législation électorale se rapportait à la vérification des pouvoirs. Le mode en avait été réglé par une loi du 19 mai 1797. La discussion n'avait alors soulevé d'autre question importante que la compétence exclusive de chaque conseil pour vérifier les élections de ses membres, et il avait été décidé que les pouvoirs, après avoir été examinés au conseil des Cinq-Cents, le seraient aussi par le conseil des Anciens. Lorsque Dumolard avait , par hypothèse , parlé de la prétention d'attribuer la vérification aux membres du Corps législatif destinés à sortir après les élections, sans même admettre provisoirement les nouveaux élus, on s'était écrié contre une telle supposition comme invraisemblable et calomnieuse. Dumolard avait répondu : — « Aussi ne parlé-je point pour le moment; mais le temps peut venir où des hommes ayant bu à la coupe du pouvoir et désespérés de le quitter ne demanderaient pas mieux que d'examiner les pouvoirs de leurs successeurs. »
Ce moment-là était venu : l'usurpation, dont le simple énoncé avait suscité une indignation unanime, devint une loi.
D'après la Constitution , les représentants élus pour remplacer le tiers sortant, devaient prendre séance le r' prairiaP. Les assemblées primaires étaient convoquées pour le 1 ^'^ germinal, afin de nommer les électeurs, et la réunion des assemblées électorales était indiquée pour le 21 du même mois. Le Directoire redoubla d'activité à l'approche de cette crise, qui devait décider de son sort; le péril était évidemment plus grand qu'à