‹ Histoire du directoire de la République FrançaiseChapitre 72 sur 174 · i octobre · texte numérisé non relu

i octobre

voyait meaacée de trop près pour qu'il fût possible de la rassurer ; sa haine n'admettait aucun conseil de prudence. L'Autriche, la Russie et l'Angleterre l'encourageaient et lui promettaient protection et secours.

La prise d'armes de Naples décida du sort du roi de Sardaigne. La guerre était commencée de concert avec la coalition. Les armées autrichiennes et russes allaient bientôt être en ligne sur TAdige. Le Directoire s'attendait à les y voir arriver très-prochainement. Le succès de cette campagne pouvait présenter du doute. L'armée d'Italie était disséminée sur toute la péninsule; elle avait à garder en arrière Naples , Rome et la Toscane. La discipline était affaiblie; les généraux n'étaient plus rangés sous l'autorité imposante d'un grand capitaine, gouvernant à la fois la guerre et la politique. On devait donc craindre, sinon des désastres, du moins des revers. En ce cas, il importait que l'année, si elle était contrainte à la retraite, n'eût pas à traverser, en revenant sur la frontière de France, un pays ennemi, où elle rencontrerait sur sa route une armée considérable , des places fortes et le passage des Alpes devenu difficile. A supposer, ce qu'on ne croyait pas avec assurance , que le roi de Sardaigne fût resté fidèle aux traités, qu'il n'eût pas encore contracté une alliance secrète avec la coalition, ne devait-on pas être certain qu'il se déclarerait contre la France vaincue? Ne l'avait-elle pas dépouillé d'une partie de ses États? Ne l'avait-elle pas tenu dans une honteuse subjection? N'était-il pas abreuvé d'amertume, exposé à de journahères humiliations? N'encourageait- on pas la révolte de ses sujets? Le mal qu'on lui avait fait et qu'on lui faisait, le calcul évident de ses intérêts étaient le présage infaillible du parti qu'il aurait à

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